Burn-out : les vacances ne sont pas "la" solution

Miser sur les vacances pour se remettre d'un burn-out et espérer repartir d'un bon pied, ce n'est pas un bon plan, du moins si l'on en croit les conclusions d'une étude germano-suisse.
Après avoir évalué les niveaux d'épuisement professionnel de 97 salariés, âgés de 22 à 62 ans, les chercheurs les ont comparés à l'écart qui pouvait exister entre les aspirations de chacun et leur satisfaction au travail. Ils ont constaté que, contrairement à l'épuisement, qu'il soit émotionnel ou physique, et qui peut se corriger pendant les vacances, le syndrome d'épuisement professionnel, généralement défini comme "une réponse prolongée à des facteurs de stress émotionnels et interpersonnels chroniques au travail", ne pouvait pas être atténué durant une période de repos.
D'après les auteurs, aux facteurs de stress professionnel déjà connus (surcharge de travail, pression chronique du temps, conflits sociaux ...) viendrait s'ajouter l'incongruence de motivation, c'est-à-dire l'inadéquation entre les besoins relationnels du salarié et la réalité de son travail quotidien. Autrement dit, un poste avec beaucoup d'échanges et de contacts pour quelqu'un qui ne les aime pas pourrait conduire au burn-out, de même qu'un travail isolé pour une personne qui recherche les contacts.
Les vacances peuvent tout au plus apporter un temps de répit au cerveau de la personne en situation de détresse mentale et morale et faciliter la prise de conscience, mais elles ne sont pas "la" solution au burn-out qui ne peut se résoudre que par un changement de poste ou à tout le moins des conditions de travail.
(référence : Frontiers in Psychology, 11 août 2016, doi : 10.3389/fpsyg.2016.01153)