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Chimiothérapie adjuvante des cancers coliques, cessons de plafonner

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Sur base de résultats d'essais de chimiothérapie (néo)-adjuvante menés dans le cancer du sein, il est désormais recommandé de cesser de plafonner la chimiothérapie à une dose équivalente à une surface corporelle (SC) de 2 m2.

Dr Jean-Claude Lemaire - 17 octobre 2018

Logique puisque les données montrent d'une part que ce plafonnement va de pair avec une diminution de survie et d'autre part que le recours à des doses non plafonnées n'augmente pas la toxicité.

Cependant, le sein n'est pas le côlon, ce qui fait tout l'intérêt du travail auquel ont contribué nos compatriotes Eric Van Cutsem et Marc Peeters et qui apporte des précisions sur l'impact du plafonnement des doses de chimiothérapie chez les patients obèses recevant un traitement adjuvant pour cancer colique de stade III. Ce travail a été mené sur les données de l'étude de phase III PETACC-3 qui comparait une chimiothérapie adjuvante par LV5FU2 ou LV5FU2 + irinotecan.

Au sein de la population globale de 2.094 patients, 280 (13,4%) étaient obèses (IMC ≥ 30 kg/m2) et 111 (5,3%) étaient à la fois obèses et avaient une SC ≥ 2m2. Un plafonnement systématique de la dose de chimiothérapie a été réalisé chez respectivement 16,1% (n=45) et 32,4% (n=36) d'entre eux.

Les résultats indiquent que chez les patients obèses ayant une SC ≥ 2 m2, la survie sans récidive est significativement meilleure chez ceux ayant reçu la chimiothérapie à dose complète une dose complète que chez ceux ayant reçu une dose plafonnée (HR 0,48 ; IC95% 0.27-0,85 ; p = 0,01) et il existe également une forte tendance à une meilleure survie globale (HR 0,53 ; IC95% 0.28-1.01 ; p = 0,052).

Cette diminution de survie associée au plafonnement de la dose de chimiothérapie n'a en revanche pas été retrouvée chez les patients obèses dont la SC était < 2m2.

Ce travail confirme par ailleurs qu'il n'y a pas différence de toxicité entre la dose plafonnée et la dose complète, à l'exception de neutropénies deux fois plus fréquentes en cas de dose complète (15,7% versus 6,7%).

Au total, des données allant dans le même sens que pour le cancer du sein et montrant que plafonner la dose de chimiothérapie adjuvante à une surface corporelle de 2 m2 est délétère chez les patients obèses.

G Stocker et al. Eur J Cancer. 2018; 99: 49-57. https://www.ejcancer.com/article/S0959-8049(18)30844-X/fulltext

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