Crise après crise
Le seul intérêt lorsqu’on prend un peu d’âge, c’est la possibilité de relativiser lorsque le pays est sous tension.
Au moment d’écrire cet édito, 100.000 personnes – dont de nombreux soignants émanant des hôpitaux publics – battaient le pavé à Bruxelles dans le cadre de la manifestation nationale du 12 mars.
Ils pestent contre les mesures du gouvernement Arizona, un patchwork de partis de droite, du centre et un parti de gauche. Son chef de file, Bart De Wever – considéré comme un homme d’État bien qu’il souhaite une Grande Néerlande composée des Pays-Bas et de la Flandre, deux régions parmi les plus riches d’Europe – a promis qu’il devrait trouver quasiment 10 milliards jusqu’à la fin de son mandat.
Le seul socialiste du gouvernement, censé progressiste, Frank Vandenbroucke – et dont chacune des décisions et des déclarations est littéralement guettée par nos lecteurs – n’est pas tendre avec les médecins et les soignants. Il parachève de gigantesques réformes des soins de santé jusqu’en 2029, année qui clôturera vraisemblablement son « œuvre » à la tête de la Santé publique et des Affaires sociales.
En parallèle, la guerre menée par les USA et Israël contre l’Iran surenchérira sans aucun doute le prix de l’énergie tôt ou tard. C’est pourquoi le patronat (FEB et Unizo) expriment leur incompréhension face aux mouvements sociaux qui font perdre encore plus d’argent aux entreprises. Celles-ci, rappelons-le, financent la sécurité sociale à travers l’emploi.
Mais depuis les années Martens-Gol, la Belgique n’a jamais connu autre chose que le mot « économies ». C’est comme si nous étions prisonniers et condamnés à se serrer la ceinture éternellement. La faute à une croissance économique riquiqui et le déclin d’une Europe dépassée par des « Empires » plus ou moins belliqueux et émergents.