Des chercheurs de l'UCLouvain mettent en lumière un aspect inconnu du microbiote intestinal
Des chercheurs de l'UCLouvain et de huit pays européens ont identifié une bactérie intestinale humaine, Dysosmobacter welbionis, capable de transformer un nutriment végétal en une molécule essentielle au bon fonctionnement de l'intestin et du métabolisme.
Cette bactérie est capable de convertir le myo-inositol, un nutriment naturellement présent dans les fruits, céréales complètes, noix et légumineuses, en une molécule appelée butyrate. Et celle-ci est essentielle au bon fonctionnement du métabolisme. Elle est souvent retrouvée en quantité réduite dans de nombreuses maladies inflammatoires, métaboliques ou intestinales et même certains cancers.
Cette molécule est, de plus, "super intéressante et déjà reconnue pour renforcer la barrière intestinale, soutenir l'équilibre immunitaire, réduire l'inflammation, contribuer à réguler le taux de sucre dans le sang", explique l'UCLouvain dans un communiqué.
"Ces résultats nous permettent de mieux comprendre comment ce que nous mangeons influence les fonctions de notre microbiote et notre santé." - Matthias Van Hul
Par ailleurs et jusqu'à présent, le butyrate était considéré comme provenant presque exclusivement de la fermentation des fibres alimentaires par le microbiote intestinal. Or, de nombreuses personnes tolèrent mal les fibres fermentescibles.
La bactérie identifiée au cours de ces travaux, Dysosmobacter welbionis, "utilise un chemin métabolique unique pour produire une molécule bénéfique à partir d'un nutriment très courant dans notre alimentation", explique Patrice Cani (photo), de l'UCLouvain, auteur sénior de l'étude. "Ces résultats nous permettent de mieux comprendre comment ce que nous mangeons influence les fonctions de notre microbiote et notre santé", poursuit Matthias Van Hul, de l'UCLouvain.
Dans cette étude, les scientifiques ont analysé plusieurs milliers d'échantillons de grandes cohortes humaines (asiatiques, américaines et européennes) et ils ont découvert que la bactérie est très fréquente chez les individus en bonne santé, mais moins abondante chez les personnes souffrant de maladie hépatique, comme le foie gras.