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Un plan d'action national contre l'antibiorésistance

Un nouveau Plan d’action national 2026-2030 veut réduire la résistance aux antimicrobiens (RAM). Dans les soins de santé, il met l'accent sur un usage responsable des prescriptions, la lutte contre la RAM à l’hôpital et la limitation des « restes » de médicaments.

antibioticagebruik
La législation pharmaceutique sera modifiée afin de permettre, dans les soins ambulatoires, la prescription et la délivrance d’antibiotiques oraux sous forme de comprimés à l’unité.

La résistance aux antimicrobiens (RAM) constitue une menace aigüe pour la santé humaine et animale. En Europe occidentale, 10 décès pour 100.000 habitants sont attribués chaque année à la RAM. Ce chiffre pourrait grimper à 15 pour 100.000 d’ici 2050, en raison du vieillissement de la population et de l’efficacité décroissante des antibiotiques.

La "déconsommation" des antibiotiques ralentit

Depuis 25 ans, la Belgique s’emploie à réduire la RAM. Elle a démarré en 1999 par la création de la Commission belge pour la coordination de la politique en matière d’antibiotiques (BAPCOC). Par rapport à 1998, l’utilisation d’antibiotiques (en DDD pour mille habitants par jour) a diminué de 18 %, principalement dans les soins ambulatoires. Mais cette baisse ne se poursuit plus et, dans les hôpitaux aigus, on observe même une légère augmentation de la consommation d’antibiotiques.

Dans son nouveau plan d'action, la Belgique s’engage à atteindre les objectifs fixés par l’UE en 2023 pour la santé humaine, la santé animale et l’environnement (selon une approche dite "OneHealth"). Pour la santé humaine, cela signifie :

  • réduire de 18 % l’utilisation d’antibiotiques d’ici 2030 ;
  • veiller à ce que 65 % de l’usage des antibiotiques reste dans le groupe « access » (antibiotiques de première et deuxième intention, sûrs, peu coûteux et présentant un faible risque de résistance);
  • parvenir à et maintenir une baisse de l’incidence des bactériémies résistantes (diminution de 6 % des infections à SARM, de 12 % des infections à E. coli résistantes aux céphalosporines de troisième génération, et de 2 % des infections à K. pneumoniae résistantes aux carbapénèmes).

Le tout étant entendu par rapport aux valeurs de référence de 2019.

La Belgique s'engage à diminuer de 18 % son usage d'antibiotiques d'ici 2030.

Les habitudes de prescription sous le radar

Le nouveau plan vise à soutenir les médecins généralistes dans l’adaptation de leurs habitudes de prescription. Les actions existantes, comme le baromètre des antibiotiques et les indicateurs du CNPQ (Conseil national pour la promotion de la qualité), sont maintenues.

Les entités fédérées lancent un projet de stewardship en première ligne, baptisé BASICS (Belgium Antimicrobial Stewardship in the Community Setting). Des référents régionaux et locaux favoriseront les échanges entre collègues, évalueront les données de prescription (à l’aide du baromètre des antibiotiques et des indicateurs du CNPQ), identifieront les obstacles à un usage approprié et sélectionneront des interventions ciblées, empiriquement étayées. Cela se fera au moyen de séances intégrées dans les glems existants.

La poursuite du développement de la plateforme d’aide à la décision (Prescription Search Support, PSS) est également prévue. À partir de fin 2026, les pédiatres, gynécologues, urologues et pneumologues auront eux aussi accès à cette plateforme.

La législation pharmaceutique sera adaptée afin de permettre, dans les soins ambulatoires, la prescription et la délivrance d’antibiotiques oraux sous forme de comprimés à l’unité. L’objectif : que les cures d’antibiotiques prescrites soient suivies jusqu’au bout et que le patient ne se retrouve plus avec des « restes » qu’il utiliserait ensuite de sa propre initiative ou qui finiraient dans l’environnement.

Hôpitaux généraux

Dans les hôpitaux généraux, les structures formelles pour l’AMS (antimicrobial stewardship) et l’IPC (infection prevention and control) sont maintenues ; elles sont complétées par un nouvel axe d’attention : la surveillance microbiologique.

Le plan met l'accent sur l’amélioration de la qualité, fondée sur les données et rapportée de manière transparente au niveau de chaque hôpital. Une partie du financement dépendra des résultats obtenus dans la lutte contre la résistance aux antibiotiques.

Il est également envisagé de définir des lignes directrices en matière de conception et d’infrastructure pour les nouveaux hôpitaux, intégrant les principes de l’IPC.

Pour les centres de réadaptation, un réseau d’apprentissage sera mis en place autour de l’AMS et de l’IPC.

Sciensano recueillera des données sur les infections et la résistance aux antibiotiques dans les maisons de repos et de soins. Ces données permettront aux établissements de travailler de manière plus ciblée à l’amélioration des soins et de prendre des mesures supplémentaires pour éviter la propagation de bactéries résistantes.

Le plan d'action prévoit également une consultation publique. Vous pouvez donner votre feedback jusqu'au 6 mars.

>> https://www.health.belgium.be/fr/organisation-politique/reglementation-documents-politique/plan-daction-national-one-health-lutte-contre-resistance-aux-antimicrobiens-2026-2030 

La Cour des comptes critique à l'égard de la politique actuelle
Dans un rapport sur la politique belge en matière d’antibiotiques, la Cour des comptes constate un glissement vers des antibiotiques en dehors du remboursement. Selon le Pr Herman Goossens (Université d’Anvers), président du plan d'action antibiotiques, cela s’explique par le fait qu’un certain groupe d’antibiotiques à large spectre, comme par exemple les quinolones, n’est remboursé que dans des cas très spécifiques. « Mais il existe un certain groupe de médecins – nous ne savons pas encore exactement lequel – qui continue de prescrire ces antibiotiques même lorsqu’ils ne sont pas nécessaires », explique-t-il.

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Écrit par Erik Derycke28 janvier 2026

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