Journée de lutte pour les droits des femmes
Médecins du Monde dénonce la législation obsolète sur l'avortement en Belgique
Médecins du Monde a dénoncé vendredi la "législation obsolète" sur l'avortement en Belgique, qui, selon l'organisation, pénalise les femmes les plus vulnérables. L'organisation humanitaire tire la sonnette d'alarme à l'approche de la Journée de lutte pour les droits des femmes, dimanche.

Selon l'organisation, la Belgique est un pays exemplaire en matière de législation sur l'avortement pour les femmes disposant d'une assurance maladie et d'un toit. Les femmes socialement plus vulnérables, qui vivent par exemple dans la pauvreté, sans domicile fixe ou sans papiers, se heurtent par contre à un "véritable parcours du combattant bureaucratique".
"Toute personne sans mutuelle doit déposer une demande d'Aide médicale urgente auprès du CPAS qui examine ensuite la recevabilité de la demande. Or, si le délai légal de décision est de 30 jours, en pratique, il peut atteindre 60 jours. Autrement dit, lorsque le CPAS traite une demande, le délai de 12 semaines pour une interruption de grossesse est souvent déjà dépassé, ou le délai de réflexion de six jours n'est plus envisageable", explique Chloé Ballyn, de Médecins du Monde.
De plus, les femmes vivant dans la pauvreté découvrent souvent tardivement qu'elles sont enceintes, indique l'organisation. Le cycle menstruel est fréquemment perturbé par le stress lié à ces situations difficiles. Le coût d'un test de grossesse ou d'une consultation auprès d'un professionnel de santé constitue un obstacle financier, ce qui fait que ces femmes dépassent souvent rapidement le délai légal de 12 semaines.
Médecins du Monde demande dès lors au gouvernement fédéral de supprimer le délai légal de réflexion de six jours et d'allonger le délai autorisé pour l'avortement. L'organisation souhaite également que l'avortement soit automatiquement reconnu comme un soin urgent spécialisé, afin que les CPAS puissent traiter ces demandes de manière systématique et plus rapide.