Congrès "Stop Alzheimer Young Researcher"
Alzheimer: un cap franchi avec le développement de premières thérapies
La recherche sur l'Alzheimer franchit un cap décisif avec le développement de thérapies permettant d'agir biologiquement sur le développement de la maladie, se réjouit le Pr Wim Annaert (KU Leuven). Il s'exprimait à l'occasion du congrès "Stop Alzheimer Young Researcher", qui a réuni près de 220 jeunes chercheurs belges et experts internationaux.
"Pour la première fois, des traitements attaquent les causes profondes dans le cerveau - plaques amyloïdes toxiques, inflammation neuronale, problèmes vasculaires", a détaillé le Pr Wim Annaert, également président du conseil scientifique de Stop Alzheimer, lors du congrès.
"Leur impact reste limité aujourd'hui, mais c'est la preuve que de meilleurs traitements sont à portée de main."
Une recherche longue et complexe
Bien que ces premières avancées thérapeutiques marquent un tournant important, une guérison définitive reste pour l'instant hors de portée, nuancent toutefois les chercheurs.
De potentiels progrès dans ce domaine dépendent en effet de recherches plus approfondies, qui nécessitent d'importants financements. Rien que pour cette année, la fondation Stop Alzheimer a déjà investi 5,5 millions d'euros pour la recherche sur la maladie en Belgique.
"Ce montant est historique, mais il n'est pas suffisant", estime Wim Annaert. "La recherche contre Alzheimer est complexe et de longue durée. Face à l'incertitude internationale sur les financements - notamment aux États-Unis - investir dans la recherche en Belgique devient encore plus essentiel."
Dépister plus tôt
Lors du congrès, certains chercheurs ont par ailleurs souligné la nécessité d'un diagnostic et d'un dépistage beaucoup plus précoces de la maladie. Selon eux, il s'agit d'éléments essentiels pour que ces récentes avancées scientifiques se traduisent réellement par une meilleure prise en charge des patients.
Les premiers changements dans le cerveau peuvent déjà apparaître vers 40-45 ans.
"Lorsqu'un médecin constate qu'une personne présente des troubles cognitifs, cela signifie que la maladie est déjà à l'œuvre au niveau moléculaire dans le cerveau depuis plusieurs décennies", a expliqué Wim Annaert. Selon lui, les premiers changements dans le cerveau peuvent déjà apparaître vers l'âge de 40 à 45 ans, alors que le diagnostic n'est souvent posé qu'à un âge plus avancé.
Cette longue "phase silencieuse" implique dès lors que l'intervention médicale arrive souvent trop tard. C'est précisément pour cette raison que la recherche sur la maladie d'Alzheimer se concentre de plus en plus sur le dépistage précoce.
"Pour cela, il faut identifier des molécules de signalisation afin de pouvoir effectuer un dépistage au sein de la population et déterminer qui présente une prédisposition à développer la maladie", explique Wim Annaert. Il compare cela aux programmes de dépistage existants pour le cancer, bien que la recherche sur la maladie d'Alzheimer n'en soit pas encore arrivée à ce stade.
Moments forts
Trois keynotes internationales ont éclairé les priorités lors du congrès : Diana Arseni (Cambridge) sur "les structures protéiques neurodégénératives", Axel Montagne (Edinburgh) sur "les vaisseaux sanguins et barrière hémato-encéphalique", et Aitana Sogorb-Esteve (Espagne) avec "biomarqueurs diagnostic précoce".
La Pre Emanuela Pasciuto (VIB-UAntwerpen) a remporté le "Young Researcher Award" (50.000 euros) pour ses travaux pionniers sur l’immunité innée.
