Le mot de la fin
Une opinion du Dr Pol Vincent, chirurgien de formation et médecin urgentiste

Après 44 années de travail au sein des institutions hospitalières dont plus de 30 ans aux urgences, je suis content de quitter l’hôpital. Une petite phrase suffit, à elle seule, à résumer la situation : le patient est devenu un client. Il est désormais une source de revenus pour cette entreprise dénommée hôpital qui est aux mains des financiers. Un bon docteur est un docteur qui rapporte ; l’excellence est dans les chiffres, pas forcément dans la qualité.
Nos autorités sont en train de démanteler le réseau des « petites » institutions hospitalières de proximité au profit de mégastructures totalement déshumanisées où les maîtres-mots sont efficience et rentabilité.
L’acquisition de nouveaux savoirs a transformé le corps médical. Nombreux sont nos confrères qui sont devenus des médecins voués à un organe et par conséquent dépourvus de vision holistique.
L’avènement de l’informatique nous a éloignés de notre patient, l’écran de notre ordinateur se substituant à celui-ci. Qu’en sera-t-il de l’IA ?
Que proposer face à toutes ces dérives ? Cette profession est formidable car elle consiste à s’occuper de nos semblables. Cultivons l’empathie et faisons en sorte que le patient demeure au centre de nos préoccupations et garde la primauté sur toute autre considération.