Relation médecin-patient

Flandre : une enquête de Pano, l’émission de la VRT, relance le débat sur les opérations du dos

VRT Pano rugEn Flandre, une enquête de Pano, l’émission d’investigation de la VRT, provoque un malaise dans le monde médical. Des patients y racontent leurs douleurs persistantes après des opérations du dos ratées. Le reportage ravive un débat sensible : comment éviter les interventions inutiles sans priver certains patients d’une chirurgie réellement nécessaire ? Et comment garantir que les décisions médicales reposent toujours sur l’intérêt du patient, et non sur des habitudes locales, des volumes d’actes ou des incitants financiers ? 

Filip Ceulemans/La Rédaction - 7 mai 2026

Kathleen Depoorter

La députée N-VA Kathleen Depoorter (photo) appelle à éviter les caricatures. Oui, les infiltrations ou opérations inutiles doivent être combattues. Mais il ne faut pas réduire les chirurgiens du dos à des praticiens guidés par l’argent. Selon elle, la réalité médicale reste complexe. Chaque cas doit tenir compte de la douleur, de la mobilité, de la qualité de vie, des plaintes neurologiques et du contexte médical du patient. Elle plaide pour une approche multidisciplinaire, fondée sur les preuves, mais aussi pour éviter l’excès inverse : la sous-consommation de soins, comme au Royaume-Uni, où les délais d’attente entraînent douleurs chroniques et incapacités prolongées.

La Spine Society Belgium, par la voix du Dr Henri-Benjamin Pouleau, rappelle que les cas complexes sont discutés dans des spine units, avec chirurgiens, généralistes, kinésithérapeutes, médecins de réadaptation, spécialistes de la douleur et neurologues. Elle juge trompeur de fonder le débat sur quelques cas individuels, car aucune thérapie médicale ne peut garantir un résultat à 100%. 

"Les douleurs lombaires et les problèmes de colonne vertébrale comptent parmi les causes les
plus fréquentes de douleur et d’incapacité de travail dans notre pays. Le diagnostic, le
traitement et le suivi de cette problématique impliquent plusieurs acteurs. En premier lieu le
patient lui-même, ensuite l’environnement social et professionnel, ainsi que le monde
médical. Dans l’accompagnement médical interviennent les médecins généralistes, les
kinésithérapeutes, les médecins de réadaptation, les spécialistes de la douleur, les neurologues
et les chirurgiens du rachis."

"Depuis 10 à 15 ans, chaque problématique complexe de douleur dorsale est systématiquement
discutée au sein de ce que l’on appelle des « spine units », dans lesquelles toutes les
spécialités médicales mentionnées ci-dessus sont représentées. Les décisions thérapeutiques
sont dès lors le résultat d’une concertation multidisciplinaire. De grands efforts ont été fournis
par toutes les spécialités concernées afin de travailler ensemble dans ce cadre
multidisciplinaire. L’objectif est de mobiliser les meilleurs moyens possibles pour le
traitement des douleurs dorsales."

"Parfois, une décision multidisciplinaire conduit à la réalisation d’une chirurgie du dos. Les résultats de celle-ci ne peuvent, comme pour toute autre thérapie médicale, jamais être totalement garantis." - Pouleau Henri-Benjamin, MD, PhD, président de la Spine Society Belgium (SSBe)

"Parfois, une décision multidisciplinaire conduit à la réalisation d’une chirurgie du dos, précise le Pr Pouleau. Les
résultats de celle-ci ne peuvent, comme pour toute autre thérapie médicale, jamais être
totalement garantis."

Les médecins et les hôpitaux partagent avec les autorités l’ensemble des données relatives aux diagnostics et aux traitements effectués dans un contexte hospitalier. "Les autorités disposent ainsi, de manière transparente, de toutes les informations nécessaires à l’élaboration de la politique de santé."

"L’utilisation de cas individuels dans le débat autour de cette problématique est dès lors très
trompeuse et ne reflète en aucune manière la réalité médicale, où le travail est mené de façon
extrêmement réfléchie et multidisciplinaire."

Solidaris demande davantage de transparence

Du côté de Solidaris, le Dr Bart Demyttenaere réclame davantage de transparence : savoir qui pratique quelles interventions, pour quelles indications et avec quels résultats. Mais il refuse toute chasse aux sorcières. Les chiffres doivent être interprétés avec des indicateurs validés, corrigés selon les risques, les profils de patients et la complexité des cas.Margot Cloet

Enfin, Margot Cloet (photo), administratrice déléguée de Zorgnet-Icuro, estime que les dérives doivent être éliminées. Elle insiste toutefois sur le fait qu’il s’agit probablement d’un petit nombre de médecins, tandis que la grande majorité travaille correctement et sans motivation financière abusive.

ansparence : savoir qui pratique quelles interventions, pour quelles indications et avec quels résultats. Mais il refuse toute chasse aux sorcières. Les chiffres doivent être interprétés avec des indicateurs validés, corrigés selon les risques, les profils de patients et la complexité des cas.

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