ULB Neuroscience Institute
Comment la vieillesse altère-t-elle l'équilibre ?
Une étude menée par des chercheurs du Neuroscience Institute de l'ULB et de l'UCD School of Electrical and Electronic Engineering (Dublin), dont les résultats sont publiés dans PNAS, montre comment le vieillissement altère les mécanismes cérébraux à l’origine du contrôle postural.
Le vieillissement altère les systèmes sensoriels et le contrôle de l'équilibre, ce qui augmente le risque de chute.
Si ce phénomène est connu, "le rôle du cortex n'a été exploré qu'indirectement, par exemple à l'aide d’une tâche cognitive à réaliser tout en marchant ou en position debout", précise l'ULB par voie de communiqué.
Plus de 65 ans versus moins de 30 ans
Pour une étude publiée dans la revue PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences), une équipe de recherche emmenée par Thomas Legrand, Scott Mongold, Mathieu Bourguignon et Marc Vander Ghinst (Neuroscience Institute, faculté de médecine) a rencontré une soixantaine de jeunes adultes de moins de 30 ans et une soixantaine de personnes âgées de plus de 65 ans.
Ils ont enregistré, par électroencéphalographie, l’activité cérébrale de chacun des participants pendant qu’ils se maintenaient debout sur une surface solide et uniforme ou sur un bloc de mousse, alternativement en gardant les yeux ouverts ou fermés. Les participants ont aussi bénéficié d’une évaluation approfondie de leur système vestibulaire.
Un processus moins "automatique" chez les seniors
"Les résultats montrent que les adultes plus âgés présentent une activité cérébrale plus synchronisée avec les oscillations posturales, en particulier dans des conditions d'équilibre difficiles, et ce, en corrélation avec l’instabilité posturale", poursuit le communiqué de l'ULB.
"Ceci suggère que les personnes âgées recrutent davantage les aires sensorimotrices de leur cortex pour rester stables, alors que les plus jeunes peuvent compter sur des processus plus automatiques, qui demandent moins de ressources attentionnelles."
Par ailleurs, les personnes âgées présentent des délais de traitement des informations sensorielles significativement plus longs. Si des déficits vestibulaires sont observés chez les sujets les plus âgés, ils ne semblent pas expliquer l’augmentation de l’activité cérébrale.
"Cette étude éclaire les mécanismes cérébraux à l'origine des altérations du contrôle postural liées au vieillissement", concluent les chercheurs. Elle ouvre la voie à de nombreuses recherches en neurosciences, gérontologie, contrôle moteur et intégration sensorimotrice, pour mieux comprendre et moduler les facteurs de risque de chute.
Référence
T. Legrand, S.J. Mongold, L. Müller, M. Niesen, Z. Demerdziev, P. Coemelck, E.Y. Carlak, A. Iannotta, G. Naeije, M. Bourguignon, & M.V. Ghinst, Aging increases the cortical resources allocated to static balance maintenance, Proc. Natl. Acad. Sci. U.S.A. 123 (22) e2524894123, doi.org/10.1073/pnas.2524894123 (2026).