La cryopréservation ovocytaire, un "filet de sécurité" pour une future grossesse
Préserver aujourd'hui une chance de maternité pour demain, c'est le choix que font un nombre croissant de femmes en se tournant vers la cryopréservation ovocytaire. Jeudi, lors d'un point presse consacré à la fertilité, le Dr Isabelle Dupond, gynécologue spécialisée dans cette technique à l'hôpital Erasme, a expliqué que la congélation d'ovocytes est désormais davantage sollicitée pour des raisons dites "de convenance" que pour des indications médicales.

À Erasme, les femmes qui entament cette démarche ont généralement entre 29 et 38 ans, âge limite fixé par l'institution. La plupart sont actives professionnellement et souhaitent reporter leur projet de maternité. Beaucoup n'ont pas encore trouvé le partenaire avec lequel elles voudraient fonder une famille. Moins de 20% d'entre elles reviennent toutefois utiliser leurs ovocytes congelés.
La technique repose sur la vitrification ovocytaire, un procédé de congélation ultra-rapide qui permet de conserver les ovocytes dans l'état où ils se trouvent au moment du prélèvement. Comme dans le cadre d'une fécondation in vitro (FIV), la patiente suit un traitement hormonal, accompagné de contrôles médicaux, notamment des prises de sang et des échographies, avant un prélèvement d'ovocytes réalisé sous sédation. La différence majeure est qu'ici, ce sont les ovocytes qui sont congelés, et non les embryons.
À Erasme, 278 jeunes femmes ont eu recours à la cryopréservation ovocytaire entre 2014 et 2024. Parmi elles, 37 ont ensuite fait usage de leurs ovocytes congelés et neuf ont finalement donné naissance à un enfant.
L'objectif est de prélever une quinzaine d'ovocytes, en tenant compte des pertes possibles. Deux ou trois cycles de stimulation peuvent parfois être nécessaires pour y parvenir.
Selon la spécialiste, l'âge auquel les ovocytes sont prélevés est déterminant. "Plus on congèle tôt, plus les ovocytes sont nombreux et de bonne qualité", souligne-t-elle. L'idéal est d'entreprendre cette démarche avant 35 ans. Au-delà de 38 ans, la qualité ovocytaire diminue fortement et les chances de succès deviennent plus limitées.
La Dre Dupond regrette toutefois que de nombreuses femmes arrivent encore trop tard dans les centres de fertilité, souvent à 36 ou 37 ans, faute d'informations suffisantes. Elle plaide dès lors pour une meilleure éducation à la fertilité dès l'enseignement secondaire. "Tout comme on parle aux élèves des moyens de contraception et des maladies sexuellement transmissibles, on devrait également les sensibiliser aux problèmes de fertilité et évoquer cette technique", estime-t-elle.
Pas de remboursement
La cryopréservation ovocytaire n'est actuellement pas remboursée en Belgique lorsqu'elle est réalisée pour des raisons de convenance, contrairement à la France. Un cycle coûte entre 2.000 et 2.500 euros, auxquels s'ajoutent environ 250 euros de frais annuels de conservation. Une prise en charge partielle est toutefois possible dans certaines situations médicales, notamment en cas d'endométriose sévère ou de traitement susceptible d'altérer la fertilité.
La gynécologue rappelle également que cette technique ne constitue pas une garantie de grossesse future. "La cryopréservation est un filet de sécurité, pas une assurance", résume-t-elle. "Et plus on tombe enceinte tard, plus la grossesse est à risque."
À Erasme, 278 jeunes femmes ont eu recours à la cryopréservation ovocytaire entre 2014 et 2024. Parmi elles, 37 ont ensuite fait usage de leurs ovocytes congelés et neuf ont finalement donné naissance à un enfant.