Facteurs de risques
Près de 9.700 décès associés à la pollution de l'air
Près de 9.700 décès étaient associés à la pollution de l'air en Belgique en 2022, ressort-il des données de l'Institut belge de santé publique Sciensano consultées par l'agence Belga. Ce facteur de risque affectait un peu moins d'un dixième des décès (9,3%). Mais les autres facteurs de risques ne sont pas en reste...
Sciensano réalise chaque année une étude nationale sur le fardeau de la maladie afin de quantifier l'impact de 38 affections en termes d'années de vie en bonne santé perdues en raison de la morbidité et de la mortalité (soit un chiffre obtenu en multipliant le nombre de décès par l'espérance de vie résiduelle à l'âge du décès).
Dans cette étude, l'organisme attribue notamment une partie de ce fardeau à des facteurs de risque qu'elle estime modifiables.
Cela concerne notamment la pollution de l'air qui, en 2022, a été reliée à 9.695 décès, dont 5.811 (5% de l'ensemble des décès) causés par des particules fines (PM 2.5), 2.950 par le dioxyde d'azote (NO2) et 934 en raison de l'ozone. Plus de 153.000 années de vie ont été perdues cette année-là à la suite de ces facteurs de risque.
Et autant de morts à cause du tabac
Les particules fines sont liées au fardeau des maladies cardiovasculaires, des maladies respiratoires chroniques, du cancer du poumon et du diabète, alors que les cardiopathies ischémiques, les bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO) et les maladies cérébrovasculaires sont les principales causes de mortalité liées au NO2. L'ozone est, pour sa part, principalement associé aux BPCO.
La consommation de tabac est également pointée comme un facteur de risque et a contribué à la mort de 9.504 personnes (8,2%) et à la perte de plus de 200.000 années de vie en Belgique. Le tabagisme a ainsi principalement provoqué des cancers du poumon, des BPCO ou des cardiopathies ischémiques.
Un décès par heure à cause du surpoids
En 2022, plus d’un Belge est décédé, chaque heure, des conséquences d'un surpoids (9.509 décès, soit 8,2 % de l’ensemble des décès). C’est la première fois que Sciensano chiffre la mortalité imputable à un IMC trop élevé.
Les principales causes de décès sont les maladies cardiovasculaires, les démences (dont la maladie d’Alzheimer), les maladies rénales chroniques et certaines formes de cancers digestifs.
"Un IMC élevé a été associé à près de 3.900 décès dus à des maladies cardiovasculaires (2.009 dus à une cardiopathie ischémique, 1.171 dus à une maladie cérébrovasculaire et 718 dus à une fibrillation ou un flutter auriculaire), à 1.652 décès dus à la maladie d'Alzheimer et à d'autres démences, ainsi qu'à 661 décès dus à une insuffisance rénale chronique", écrit Sciensano dans son rapport.
Source : Calculs des auteurs sur base des données de l’Enquête belge de santé et de Statbel
Le nombre de décès augmente avec l’âge, et cette tendance est particulièrement marquée chez les personnes de 65 ans et plus. Ce sont surtout les hommes qui décèdent des conséquences du surpoids.
Les taux de mortalité liés au surpoids sont sensiblement plus élevés en Wallonie (95,21 pour 100.000 habitants) et à Bruxelles (85 pour 100.000) qu’en Flandre (73,60 pour 100.000).
Autres facteurs de risques
Plus de 4.600 décès (4%) et près de 112.000 années de vies perdues sont associés à la consommation d'alcool, causant cirrhoses et cancers colorectaux.
L'alcool responsable de 4% des décès en Belgique
Les températures extrêmes sont pour leur part reliées à plus de 3.600 décès (3,1%), à savoir 817 morts en raison de la chaleur et 2.810 liés au froid.
Enfin, le bruit du trafic routier a entraîné 164 décès et plus de 2.450 années de vie perdues en raison de cardiopathies ischémiques, maladies cérébrovasculaires et diabètes.
La Belgique se situe en dessous d'une moyenne issue de 14 pays de l'Union européenne pour la plupart des facteurs de risque, à l'exception du tabagisme et du bruit du trafic routier pour lesquels les taux bruts de mortalité sont plus élevés.