France : les patients paieront jusqu’à 40 euros de plus par an pour leurs soins
Le gouvernement français renonce à doubler le plafond des "franchises médicales". Il prévoit néanmoins de le relever de 100 à 140 euros par an dès le 1er octobre.
Stéphanie Rist, ministre française de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées.
Les patients français pourraient bientôt payer davantage pour leurs médicaments et leurs consultations. Selon un projet de décret consulté par Le Parisien, le plafond annuel de leur contribution passerait de 100 à 140 euros.
Le gouvernement avait d’abord envisagé de le doubler et de le porter à 200 euros. Face aux critiques, il a ramené la hausse à 40 %.
Deux plafonds de 70 euros
Le système français prévoit deux types de retenues sur les remboursements de soins.
La première concerne les consultations médicales, les examens radiologiques et les analyses de laboratoire. Le patient paie 2 euros par prestation. Le plafond annuel passerait de 50 à 70 euros.
La seconde concerne les médicaments, les soins infirmiers ou de kinésithérapie et les transports sanitaires. Le patient paie actuellement :
-1 euro par boîte de médicaments remboursée ;
-1 euro par prestation paramédicale ;
-4 euros par transport sanitaire.
Ici aussi, le plafond passerait de 50 à 70 euros. Au total, un patient pourrait donc payer jusqu’à 140 euros par an, contre 100 euros actuellement.
Ces retenues ne correspondent pas exactement au "ticket modérateur" belge.
Les patients chroniques plus touchés
La mesure concernera surtout les patients qui atteignent déjà les plafonds actuels. Il s’agit notamment des personnes âgées, des malades chroniques et des patients qui prennent plusieurs médicaments.
Le gouvernement estime la hausse moyenne à environ 10 euros par an. Pour les personnes atteintes d’une affection de longue durée, elle pourrait atteindre 24 euros en moyenne.
En France, le statut de malade de longue durée permet une meilleure couverture des soins. Mais il n’exonère pas de ces retenues. Celles-ci restent dues même lorsque les soins concernent directement la maladie chronique.
Les moins de 18 ans, certaines femmes enceintes et les bénéficiaires du régime de complémentaire santé destiné aux faibles revenus restent exonérés. L’Assurance maladie française détaille les exceptions et les montants actuellement appliqués sur son site.
Une indexation sur l’inflation
La hausse entrerait en vigueur le 1er octobre 2026. À partir de 2028, les plafonds seraient régulièrement adaptés à l’inflation.
Le gouvernement français explique que ces montants n’ont pas suivi l’évolution des prix depuis leur création. Il cherche aussi à réduire le déficit de l’Assurance maladie, attendu à 13,8 milliards d’euros en 2026.
France Assos Santé, qui représente les patients, critique néanmoins une mesure de « bricolage ». Selon l’organisation, elle fera surtout payer les personnes qui ont le plus besoin de soins. Le projet de décret doit encore achever son parcours consultatif avant son adoption définitive.