Projet Cardio-Onco-Radiotherapy integrated
Risque cardiaque élevé chez un quart des patientes atteintes d’un cancer du sein
Un risque "élevé à très élevé" de problèmes cardiovasculaires a été constaté chez une patiente sur quatre atteintes d’un cancer du sein lors d'une expérience de dépistage menée au ZAS Augustinus (Wilrijk). Ce chiffre est plus de deux fois supérieur aux 10 % initialement estimés par l’équipe du projet sur la base d’études scientifiques.
Ces résultats reposent sur le dépistage de 290 patientes ayant reçu un nouveau diagnostic de cancer du sein, mené entre le 1er mars 2025 et le 16 avril 2026, dans le cadre du projet CORi (Cardio-Onco-Radiotherapy integrated) : oncologues, cardiologues et radiothérapeutes collaborent afin d’éviter que des problèmes cardiaques ne compliquent le traitement du cancer ou que le traitement anticancéreux ne provoque des lésions cardiaques inutiles.
Le risque cardiovasculaire a été évalué chez les patientes atteintes d’un cancer du sein ayant reçu certains médicaments ou une radiothérapie du sein gauche. Les patientes présentant un risque élevé ou très élevé ont fait l’objet d’examens complémentaires et d’un suivi par des cardiologues.
La prise en charge adaptée chez la moitié des patientes à haut risque
« Nous nous attendions à ce qu’environ 10 % des patientes présentent un risque cardiovasculaire élevé, mais nous avons constaté que ce taux atteignait 25 % », explique le Dr Tom Van den Mooter, oncologue. « Chez plus de la moitié de ces patientes à haut risque, nous avons adapté le traitement ou le suivi afin de prévenir les lésions cardiaques et d’autres complications. »
Chez 51% des patientes présentant un risque élevé ou très élevé, le dépistage et l’évaluation cardiologique complémentaire ont conduit à une adaptation de la prise en charge. Dans 12% des cas, le traitement oncologique a été modifié. Et chez 39% des patientes, une intervention cardiologique ou un suivi supplémentaire a été mis en place.
« Sans dépistage systématique, bon nombre de ces risques cardiovasculaires passeraient inaperçus », explique le Dr Philippe Mortelmans, cardiologue. « En intervenant à temps, nous pouvons rendre le traitement du cancer plus sûr et éviter des complications chez ces patientes. »
Recommandations internationales
Le projet s’inscrit dans le cadre des recommandations internationales, qui accordent une attention croissante aux interactions entre le cancer et les maladies cardiovasculaires. Les nouveaux traitements oncologiques offrent davantage de possibilités aux patients, mais peuvent également entraîner des risques cardiovasculaires supplémentaires.
Le ZAS étudie actuellement comment pérenniser cette approche après la fin du projet. Il examine également la possibilité de l’étendre à d’autres groupes de patients et à d’autres campus du ZAS.