Près d’une entreprise sur deux ne suit pas précisément son absentéisme pour maladies
Une entreprise sur cinq dispose actuellement d’une véritable politique élaborée en matière d’absentéisme
Alors que la Belgique compte environ 585.000 malades de longue durée, près de la moitié des entreprises ne suivent pas systématiquement leurs chiffres d’absentéisme. Et seules 20 % disent connaître précisément le coût annuel des absences pour maladie, selon une enquête de Mensura.

L’absentéisme reste largement un angle mort pour les entreprises belges, malgré la progression du nombre de travailleurs en incapacité de longue durée. Selon l’enquête bisannuelle de Mensura, 46 % des entreprises ne suivent pas strictement leurs propres chiffres d’absence pour maladie.
Cette méconnaissance contraste avec l’impact ressenti sur le terrain. Près d’une entreprise sur deux, également 46 %, considère aujourd’hui l’absentéisme comme fortement ou très fortement perturbateur pour son fonctionnement quotidien. La proportion grimpe à près de six PME sur dix parmi les entreprises de 10 à 249 travailleurs et à trois entreprises sur quatre dans celles qui emploient entre 500 et 999 personnes.
« Beaucoup d’entreprises considèrent encore principalement une déclaration de maladie comme une formalité administrative à traiter correctement » - Bart Teuwen, expert en absentéisme chez Mensura.
Ce sont surtout les plus petites structures qui restent en retrait : 53 % ne suivent pas leurs statistiques d’absentéisme. À l’inverse, parmi les organisations de plus de 250 travailleurs, seules 5 % déclarent ne pas disposer d’une vue sur ces données.
Mensura relève surtout que 65 % des entreprises qui ne suivent pas leurs chiffres disent ne pas en voir l’utilité. Trois sur dix ne disposent pas d’un système adapté et 13 % jugent ce suivi trop chronophage.
« Beaucoup d’entreprises considèrent encore principalement une déclaration de maladie comme une formalité administrative à traiter correctement », observe Bart Teuwen, expert en absentéisme chez Mensura. Selon lui, l’analyse des données permet pourtant d’identifier rapidement une hausse des absences courtes, des différences entre services ou encore un allongement de la durée moyenne des incapacités.
Pour les très petites entreprises, un suivi statistique poussé n’est pas nécessairement prioritaire, nuance-t-il. Mais à partir d’une cinquantaine de travailleurs, disposer d’indicateurs devient selon Mensura beaucoup plus pertinent.
Un coût encore largement méconnu
Le coût financier constitue un autre angle mort. Quelque 46 % des entreprises interrogées ignorent combien les absences pour maladie ou incapacité de travail leur coûtent chaque année. Seule une entreprise sur cinq affirme en avoir une vision complète.
Cette question prend davantage d’importance avec les nouvelles mesures fédérales destinées à responsabiliser les employeurs face aux incapacités de longue durée. Mensura rappelle que les entreprises concernées devront supporter une contribution correspondant à 30 % de l’indemnité de maladie durant certains mois d’absence des travailleurs en incapacité de longue durée, un dispositif appelé à être progressivement étendu.
Pour Bart Teuwen, cette évolution devrait inciter davantage d’employeurs à quantifier le coût de l’absentéisme et à investir dans la prévention et la réintégration.
Seule une entreprise sur cinq dispose d’une politique structurée
L’étude montre enfin que, si les procédures de déclaration de maladie et le maintien du contact avec les travailleurs absents sont relativement souvent organisés, une stratégie globale reste beaucoup plus rare.
Les responsabilités internes, la prévention, le suivi des tendances et les procédures de réintégration restent encore insuffisamment structurés dans de nombreuses organisations. Selon Mensura, seule une entreprise sur cinq dispose actuellement d’une véritable politique élaborée en matière d’absentéisme.