Les soins de première ligne en période d’incertitude géopolitique
Guerre, catastrophe de grande ampleur, incident impliquant des agents biologiques : qu’attend-on des médecins généralistes dans de telles situations ? Où peuvent-ils trouver des informations fiables ? Ces questions seront au cœur d’un symposium organisé à Anvers par le Centre médical Kaai 142.
Le choix du thème n’est pas le fruit du hasard. Kaai 142 se trouve au cœur du port d’Anvers, où les enjeux géopolitiques ne sont jamais bien loin. Le centre collabore déjà avec la Défense pour la prise en charge des accidents survenant à la caserne de Brasschaat.
Quel rôle pour la première ligne ?
Le symposium vise avant tout à expliquer aux médecins généralistes quel rôle ils peuvent - et doivent - jouer dans de telles situations, explique le Dr Nicolaas Vanderhoydonck, médecin coordinateur de Kaai 142. La Dre Marijke De Raes, médecin militaire, abordera des scénarios dans lesquels la Belgique serait directement impliquée dans une guerre ou devrait prendre en charge des militaires blessés. Quelles en seraient les conséquences pour les soins de santé en dehors des hôpitaux et quel rôle la première ligne serait-elle appelée à jouer ?
Il ne s’agit pas uniquement de connaissances médicales, précise le Dr Vanderhoydonck. « Je pense que c’est l’un des enseignements que nous avons tirés de la période du coronavirus. En situation de crise, il est au moins tout aussi important de savoir qui prend les commandes, quelles instances sont responsables et d’où proviennent les consignes fiables. »
La Dre Annelies Mondelaers (UZA) expliquera comment prendre en charge, dans une unité d’isolement de haut niveau (High-Level Isolation Unit), les patients exposés à des agents biologiques utilisés comme armes. Mais le symposium abordera également l’autre extrême : que faire lorsque, en situation de crise, les infrastructures de haute technologie ne sont plus disponibles ? « Le Dr Thomas Decock, orthopédiste, donnera un exemple très concret : imaginez que vous n’ayez plus accès à l’imagerie médicale. Comment procéder alors à un examen clinique de la hanche, uniquement avec vos mains ? »
Pas d’alarmisme
Il est utile de se préparer à des situations qui, espérons-le, ne se produiront jamais. « Notre intention n’est pas de dramatiser, ni de laisser entendre que la guerre va éclater ici demain », souligne encore le Dr Vanderhoydonck. « Mais il est intéressant de savoir ce qui pourrait se passer, qui travaille déjà à l’élaboration de plans pour y faire face et comment nous pouvons nous y préparer en tant que médecins généralistes. »
En pratique
Le symposium se déroulera le vendredi 18 septembre de 11h30 à 14h, au ZAS Medisch Centrum Kaai 142, Mulhouselaan Noord 3, 2030 Anvers. Une demande d’accréditation (éthique) a été introduite.