Les pédiatres attirent l’attention sur l’immunisation de rattrapage contre le VRS
Le taux d’immunisation dans le groupe de rattrapage n’atteint que 60 %
Alors que la saison du VRS approche, les pédiatres belges attirent l’attention sur les bébés nés depuis la fin de la saison précédente. En augmentant le taux d’immunisation au sein de ce « groupe de rattrapage », il serait possible d’éviter davantage d’hospitalisations.

L’immunisation contre le VRS par nirsévimab (Beyfortus®) est remboursée en Belgique depuis 2024. Une nouvelle étude évaluée par les pairs* montre désormais l’impact de cette campagne d’immunisation. L’étude a analysé des données couvrant près de la moitié de l’ensemble des lits pédiatriques hospitaliers en Belgique et six des dix unités belges de soins intensifs pédiatriques (PICU).
Par rapport à la saison du VRS précédant l’introduction de l’immunisation préventive (2023-2024), le nombre d’hospitalisations liées au VRS chez les enfants de moins de cinq ans a diminué de 39 %, tandis que les admissions en soins intensifs pédiatriques ont reculé de 57 %. La baisse des hospitalisations a été la plus marquée chez les enfants de moins de six mois : leur nombre est passé de 1.680 à 577.
« Nous constatons en outre que lorsqu’un enfant immunisé doit malgré tout être hospitalisé, la maladie semble évoluer de manière moins sévère », explique le Dr Marc Raes, pédiatre et membre du conseil d’administration de la Belgian Academy of Paediatrics (BAoP). « La durée d’hospitalisation est plus courte, le besoin de soins de soutien est moindre et les transferts vers les soins intensifs pédiatriques sont moins fréquents. »
Pour la dernière saison du VRS (2025-2026), les données relatives aux hospitalisations sont encore en cours d’analyse. Il s’agissait de la première saison durant laquelle, parallèlement à l’immunisation de l’enfant, un vaccin maternel contre le VRS (Abrysvo®) était également disponible. Celui-ci peut être administré aux femmes enceintes dont l’accouchement est prévu pendant la saison du VRS.
L’attention se porte sur le rattrapage
Les bébés nés pendant la saison du VRS reçoivent l’immunisation directement à la maternité. Ceux qui sont nés entre la fin de la précédente saison du VRS - le dimanche 15 mars 2026, selon la date établie par Sciensano - et le début de la nouvelle saison peuvent être immunisés avant ou au début de celle-ci, de septembre à fin octobre.
Le taux d’immunisation dans ce groupe de rattrapage n’est que de 60 %, alors que l’immunisation en maternité atteint déjà 85 à 90 % de l’ensemble des nouveau-nés, indique Marc Raes. « Le groupe de rattrapage est naturellement plus difficile à atteindre : les bébés sont déjà rentrés à la maison et les parents doivent eux-mêmes prendre rendez-vous. »
Certains hôpitaux envoient une invitation à cet effet, mais les gynécologues, sages-femmes, médecins généralistes, pédiatres, pharmaciens et services de consultation pour nourrissons (Kind en Gezin/ONE) jouent également un rôle crucial pour informer correctement les parents des possibilités de prévention disponibles, souligne la BAoP.
La prévention passe aussi par le médecin généraliste
Si 90 % du groupe de rattrapage était également immunisé, le nombre total d’hospitalisations pourrait être jusqu’à 60 % inférieur à celui observé durant la saison du VRS 2023-2024, selon les calculs de la BAoP. « Il reste encore une importante marge de progression pour accroître l’impact de la prévention », souligne également la Dre Françoise Mambourg, présidente du groupe de pilotage BeRSV et représentante de la SSMG, la Société scientifique de médecine générale francophone.
La SSMG et Domus Medica ont organisé des formations destinées aux médecins généralistes sur l’immunisation, explique Françoise Mambourg. « Nous avons même proposé des formations spécifiques sur les moyens de réduire autant que possible la douleur liée à l’injection. »
La SSMG et Domus Medica travaillent également à la mise au point d’un module de prévention facile à utiliser, qui sera intégré aux dossiers médicaux électroniques des médecins généralistes. Celui-ci devrait permettre d’identifier aisément certains groupes cibles pour la prévention et d’envoyer automatiquement des rappels. Le module sera présenté lors du congrès national organisé conjointement par Domus Medica et la SSMG le 19 septembre. Vous pourrez en lire un compte rendu détaillé dans notre prochaine édition.
D’ici là, Françoise Mambourg appelle les médecins généralistes à prendre eux-mêmes contact avec les parents des bébés appartenant au groupe de rattrapage. « Nous disposons d’environ deux mois pour atteindre les enfants nés entre le 16 mars et le début du mois d’octobre. Chaque bébé protégé avant le début de la saison présente un risque moindre de développer une forme grave de la maladie ou d’être hospitalisé. C’est un bénéfice pour l’enfant, pour les parents, mais aussi pour notre système de soins de santé. »
* Blumental, S., Lajot, A., Vandromme, M. et al. National real-life impact of prevention with nirsevimab on infants’ RSV hospitalizations in Belgium. BMC Infect Dis 26, 1494 (2026). https://doi.org/10.1186/s12879-026-13419-y