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« Pris isolément, les chiffres ne veulent rien dire »

Grégoire Wieers, directeur du Département de médecine de l’UNamur, et le Dr Dominique Henrion, responsable du master de spécialisation en médecine générale, appellent à interpréter prudemment les résultats du concours d'entrée en médecine publiés par l’ARES.

Nicolas de Pape - 22 septembre 2026

« Pris isolément, ces résultats ne veulent absolument rien dire », estime Grégoire Wieers. Il pointe trois éléments : le décalage entre la formation secondaire et les attentes universitaires, une sélection qui mesure surtout l’aptitude à répondre à des questions similaires à celles des années précédentes plutôt que le potentiel ou la motivation.

concours médecine Brussels Expo

Grégoire Wieers jugele système de sélection contre-productif. Certains candidats, entraînés à reproduire les examens antérieurs, excellent dans cet exercice sans nécessairement devenir ensuite les étudiants les plus travailleurs. À l’inverse, des profils aux compétences diverses sont écartés alors qu’ils pourraient contribuer à la clinique, mais aussi à la recherche et à la coordination des soins. Leur formation permettrait, selon lui, de répondre aux pénuries sans devoir recruter autant de médecins à l’étranger et aiderait la Belgique à retrouver une place pionnière dans les sciences de la santé.

La baisse de la moyenne de l’ensemble des candidats - et non des seuls lauréats - traduit-elle une diminution du niveau ? Dominique Henrion reste prudent : « Incriminer l’enseignement secondaire est peut-être un peu rapide. Il faudrait examiner l’évolution sur une période beaucoup plus longue. » Les bons résultats des candidats préparés à Namur pourraient aussi s’expliquer par un biais socio-économique de recrutement, s'enorgueillit-il.

Notes faibles en physique

Les notes très faibles en physique et en biologie, autour de 4/20, doivent également être nuancées. « La logique de l’examen n’est pas celle qui est enseignée dans le secondaire », souligne-t-il. "Les QCM ou QRM, d’éventuels points négatifs et la volonté d’écarter l’effet du hasard peuvent complexifier les questions et introduire des biais."

Il rejette d'emblée l’hypothèse d’un manque de préparation : « Ces étudiants sont très motivés. Ils sacrifient leurs samedis pendant leur rhéto ainsi que leurs vacances. Je ne connais pas de jeunes qui y vont à la légère. »

Enfin, l’équilibre entre sciences exactes, empathie et communication lui paraît nécessaire : un excellent diagnosticien incapable de communiquer ne fait pas forcément un bon médecin, pas plus qu’un praticien empathique mais scientifiquement défaillant.

Retrouvez l'intégralité de ces discussions sur le site web du journal du Médecin.

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