Dysfonction rétrograde du crico-pharyngien
Le Botox au secours du syndrome R-CPD (incapacité à roter)
Le Botox constitue un traitement efficace pour les personnes qui ne peuvent pas roter. C’est ce que démontrent pour la première fois des chercheurs de l’UZ Leuven et de la KU Leuven dans une étude contrôlée et menée en aveugle, en collaboration avec l’AZ Delta et l’AZ Sint-Lucas Brugge.
Dans le cas de la R-CPD (dysfonction cricopharyngée rétrograde), plus connue sous le nom de « no-burp syndrome » ou syndrome d’incapacité à roter, le muscle situé à l’entrée de l’œsophage ne se relâche pas lorsque l’air présent dans l’estomac cherche à remonter.
Cette affection peut provoquer des ballonnements, des douleurs au niveau de la poitrine ou de l’abdomen, des flatulences et des gargouillements dans la gorge.
« Chez les personnes qui présentent des symptômes sévères, les répercussions sur la vie quotidienne peuvent être considérables. Beaucoup renoncent aux boissons gazeuses et certaines évitent même d’aller au restaurant », explique la Dre Karlien Raymenants (UZ Leuven), qui a consacré sa thèse de doctorat à cette affection.
Une amélioration pour 88% des patients
Le syndrome n’a été décrit pour la première fois qu’en 2019. De précédentes études avaient déjà suggéré l’efficacité du Botox, mais aucune ne comportait de groupe placebo. Dans cette nouvelle étude, 50 patients ont reçu soit une injection de toxine botulique, soit un placebo à base d’eau salée.
Une semaine après le traitement, les 25 patients ayant reçu du Botox étaient à nouveau capables de roter. Douze semaines plus tard, 88 % d’entre eux constataient toujours une nette amélioration, contre seulement 4 % des patients du groupe placebo.
Plus de la moitié des patients traités étaient toujours capables de roter un an plus tard, alors que les effets de la toxine botulique ne durent normalement que quatre à six mois. Selon les chercheurs, le relâchement temporaire du muscle pendant cette période pourrait permettre aux patients de réapprendre le réflexe normal du rot.
Un questionnaire pour les patients
Grâce à une mesure de la pression dans l’œsophage, les chercheurs ont également démontré que chez les personnes atteintes de R-CPD, le muscle ne se relâche pas lorsque l’air remonte. Ils ont par ailleurs mis au point un questionnaire permettant d’évaluer la sévérité des symptômes et leurs répercussions sur la vie quotidienne.
Grâce à ses travaux, Karlien Raymenants a été nominée pour la PhD Cup.