Un quart des nouveaux médecins et dentistes sont titulaires d'un diplôme étranger
Plus d’un médecin sur cinq nouvellement agréé en Belgique possède un diplôme étranger. Chez les dentistes, cette proportion atteint près de la moitié. C’est ce que rapporte mercredi De Tijd, sur la base de chiffres obtenus par la députée fédérale Frieda Gijbels (N-VA) auprès du ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke (Vooruit).
Sur les 13 918 autorisations d’exercice accordées aux médecins généralistes et spécialistes par le Service public fédéral Santé publique entre 2020 et 2025, 3 014 concernent des personnes titulaires d’un diplôme de base étranger, soit environ 22 %. Cette autorisation est indispensable pour exercer dans le secteur des soins en Belgique, mais elle ne signifie pas nécessairement que le médecin concerné y exerce effectivement.
Chez les dentistes, la proportion de diplômes étrangers parmi les nouvelles autorisations d’exercice est encore plus élevée. Sur la période 2020-2025, 1 265 des 2 821 nouvelles autorisations ont été délivrées à des personnes ayant obtenu leur master hors de Belgique. Cela représente 45 %, soit près de la moitié.
Une part importante de ces professionnels possède un diplôme délivré en Roumanie, aux Pays-Bas ou en Italie. La France, le Portugal et l’Espagne figurent également en bonne place. Ce groupe comprend également des Belges ayant effectué leurs études de médecine dans ces pays. On ignore toutefois s’ils travaillent tous dans un cabinet ou un hôpital en Belgique.
« Il reste profondément injuste que nos propres étudiants doivent déployer autant d’efforts pour réussir un examen d’entrée difficile et entrer dans un quota fixé, alors que la porte reste grande ouverte aux professionnels venant de l’étranger », réagit Frieda Gijbels. « Nous imposons ces quotas pour une bonne raison : nous voulons maintenir une formation de qualité. Mais, dans le même temps, nous n’avons aucun contrôle sur la qualité de la formation de ceux qui viennent chez nous avec un diplôme étranger. Aucun quota ne s’applique d’ailleurs à eux : cet afflux est donc, en principe, illimité. »
La députée souligne également un problème potentiel lié à la maîtrise des langues. « Aujourd’hui, il suffit de prouver que l’on parle français pour pouvoir travailler en Flandre. Nous estimons que les personnes qui viennent travailler en Flandre doivent maîtriser le néerlandais », souligne l’élue de la N-VA, qui a déposé une proposition de loi à ce sujet.