Question parlementaire sur l'élargissement des tâches des pharmaciens
"Les pharmaciens ne sont pas des médecins"
La députée populaire Kathleen Depoorter (N-VA) a soumis une question parlementaire écrite au ministre Frank Vandenbroucke sur l'élargissement des tâches des pharmaciens et les préoccupations des médecins généralistes à ce sujet.
La question porte sur une proposition du Conseil fédéral des pharmaciens visant à élargir considérablement les tâches des pharmaciens. Cette proposition fait suite à la demande du ministre d'envisager une redistribution des tâches entre les professions de santé.
Concrètement, la proposition prévoit davantage de possibilités d'administrer des vaccins, de dépister des maladies telles que le diabète, les infections à streptocoques, le cancer de la peau, l'obésité, de prendre la tension artérielle et d'orienter les personnes souffrant d'une éventuelle dépression. La détection active des risques pour la santé est également mentionnée. Les pharmaciens pourraient ainsi jouer un rôle préventif plus important dans les soins primaires.
Les associations de médecins généralistes, telles que Domus Medica, expriment des inquiétudes à ce sujet. Elles craignent une érosion de leur profession, une fragmentation des soins, des problèmes de confidentialité et une négligence du lien entre le médecin généraliste et le patient.
Quatre questions
Mme Depoorter a posé quatre questions au ministre. Dans quelle mesure les associations de médecins généralistes seront-elles impliquées dans la discussion de cette proposition ? Comment allez-vous convaincre les médecins généralistes de coopérer à la réforme du rôle du pharmacien ? Comment garantirez-vous que la relation de confiance entre le patient et le médecin généraliste sera maintenue si cette proposition est mise en œuvre ? Que ferez-vous pour garantir la protection de la vie privée des patients lorsque des informations médicales sensibles sont partagées entre plusieurs prestataires de soins de santé ?
Vers une répartition appropriée des pouvoirs entre les professions
Comme dans d'autres pays, a déclaré la ministre Vandenbroucke, la répartition appropriée des compétences entre les différentes professions de santé est également à l'ordre du jour dans notre pays. Les critères à appliquer sont la qualité et la sécurité des soins, l'accessibilité et l'efficacité.
Compte tenu de tous les défis (demande croissante et offre limitée), les compétences disponibles doivent être utilisées de manière optimale. Cela s'applique également aux pharmaciens exerçant dans des établissements publics. D'ailleurs, l'élargissement des compétences en matière de vaccinations au cours de la période COVID-19 a confirmé l'utilité de ces exercices de réflexion.
Implication des professions
Selon le ministre, les secteurs seront évidemment intensément impliqués dans ces réflexions. Le 6 janvier 2025, il a adressé une demande d'avis tant au Conseil supérieur des médecins spécialistes et généralistes qu'au Conseil fédéral des pharmaciens.
Des avis sont demandés sur le renforcement du rôle préventif du pharmacien et sur l'extension éventuelle des compétences en matière de vaccinations ; une question ouverte est également posée sur d'autres propositions dans le cadre d'une collaboration avec le médecin.
Une question ouverte a également été posée sur d'autres propositions dans le cadre de la collaboration avec le médecin. Il a également été demandé de clarifier la formation supplémentaire requise. L'interaction entre les médecins généralistes et les pharmaciens dans les cabinets publics plaide évidemment en faveur de l'implication des associations de médecins généralistes dans ce dossier.
Les pharmaciens ne sont pas des médecins
La formation approfondie des pharmaciens, leur expérience en matière de médicaments et de produits de santé et la facilité d'accès plaident en faveur de l'utilisation de toutes leurs compétences, selon le ministre. Cependant, les pharmaciens ne sont pas des médecins, précise M. Vandenbroucke.
Les médecins suivent une formation différente et disposent d'une expertise médicale pour le diagnostic, le diagnostic différentiel, les sciences de la décision médicale avec l'évaluation des risques, l'élaboration d'un plan de traitement et la réalisation d'interventions complexes.
Il est également important que les actions proposées présentent une valeur ajoutée évidente, fondée sur des données probantes. Après tout, trop de dépistages/tests rendent malades les personnes en bonne santé. Il faudra donc un cadre clair que les médecins et les pharmaciens devront élaborer ensemble.
Éviter la fragmentation des soins
La fragmentation d'un parcours de soins doit être évitée, selon le ministre. La coopération et la communication efficace entre les professions de santé doivent donc être centrales. Des initiatives telles que la consultation médico-pharmaceutique constituent une valeur ajoutée pour les médecins et les pharmaciens.
La confiance entre les professions et la confiance des patients sont des préoccupations constantes. Les patients doivent pouvoir compter sur le fait que le processus de soins est un continuum coordonné.
Protection des données
En ce qui concerne la protection des données, les patients sont déjà familiarisés avec les informations relatives à la collaboration entre les prestataires de soins de santé, où le partage des données est également important pour des raisons de qualité, a répondu le ministre.