Séquelles neurologiques après une méningite aiguë
La forme la plus dangereuse de méningite aiguë, provoquée par une infection invasive à méningocoques (Neisseria meningitidis), est devenue assez rare en Belgique. Les séquelles peuvent toutefois être sévères et avoir un impact majeur sur la vie quotidienne.
Depuis l’introduction de la vaccination contre les méningocoques des sérogroupes ACWY dans le calendrier vaccinal de base, l’incidence des méningites a diminué en Belgique. Pourtant, des personnes décèdent encore chaque année et les patients présentent souvent des séquelles à long terme.
Épidémiologie en Belgique
En 2024, 77 cas d’infections invasives à méningocoques ont été enregistrés en Belgique. Les enfants âgés de moins de cinq ans, et plus particulièrement ceux de moins d’un an, constituaient le groupe le plus touché. Une augmentation du nombre de cas a également été observée chez les personnes âgées de 70 ans et plus.
Les sérogroupes W et Y prédominaient, représentant ensemble 55,8 % des infections, suivis du sérogroupe B (39,0 %). La proportion des sérogroupes W et Y était particulièrement élevée en Wallonie, où ils représentaient 61,8 % des souches isolées. En Flandre, les cas liés aux sérogroupes B, W et Y étaient répartis de manière équivalente (47,4 %), tandis qu’à Bruxelles, seuls cinq cas ont été enregistrés (quatre W et un B). Enfin, huit décès liés à une méningite ont également été rapportés en 2024.
Conséquences à long terme
Une méta-analyse récente portant sur 9.311 cas chez l’adulte a rapporté une incidence globale des séquelles de 18 %. Parmi les 18.658 enfants inclus dans l’analyse, l’incidence atteignait 24,8 %. Chez l’enfant, les séquelles sont fréquemment associées à des difficultés scolaires et parfois à un retard du développement, tandis que chez l’adulte, des difficultés d’insertion sur le marché du travail sont souvent observées.
Séquelles variées
Chez l’adulte comme chez l’enfant, les patients présentaient des séquelles telles qu’une perte auditive, des déficits neurologiques focaux, une hydrocéphalie, des troubles neurocognitifs ou encore des crises épileptiques. Des troubles du langage ainsi qu’une perte de vision ou une déficience visuelle ont également été rapportés.
Enfin, des séquelles psychologiques, notamment des épisodes dépressifs, étaient observées chez 23,7 % des adultes. Chez les enfants, cette proportion atteignait 7,4 %, tandis que des amputations de membres étaient également observées dans cette population (4,8 %).
Des séquelles jusqu’à plusieurs mois après l’hospitalisation
Chez les patients adultes évalués au moment de leur sortie d’hospitalisation, la prévalence combinée des séquelles atteignait 24,8 %. Après stratification des études selon le moment de l’évaluation, les études ayant réalisé un suivi dans les 90 jours suivant le diagnostic rapportaient une prévalence poolée de 41,5 %, contre 31,9 % lorsque l’évaluation était réalisée au-delà de 90 jours.
Chez 34 % des enfants, des séquelles étaient déjà observées pendant l’hospitalisation et chez 34,5 % au moment de la sortie. Dans les études évaluant les patients dans les trois premiers mois suivant la sortie de l’hôpital, des séquelles persistantes étaient rapportées chez 10,5 % des patients, contre 32,1 % dans les études avec un suivi supérieur à trois mois. Le délai moyen entre la détection des séquelles et la sortie d’hospitalisation était de 13,5 jours.
Ces données montrent que les conséquences d’une méningite aiguë peuvent être sévères et persister plusieurs mois après l’hospitalisation, soulignant l’importance d’un suivi clinique prolongé et d’un dépistage adéquat des séquelles.
Références
1. Alviz LF, Kim CY, et al. Detection of sequelae from acute meningitis during clinical review by a healthcare provider: a systematic review and meta-analysis. BMC Med. 2026 Feb 28;24(1):142. doi: 10.1186/s12916-026-04627-z
2. Surveillance épidémiologique des infections invasives à méningocoques, Neisseria meningitidis - 2024. Disponible sur: https://www.sciensano.be/sites/default/files/surveillance_epidemiologique_des_infections_invasives_a_meningocoques_neisseria_meningitidis_-_2024.pdf