ANTIBIOTHÉRAPIE
Les grands principes du guide BAPCOC 2026
La Commission belge de coordination de la politique antibiotique (BAPCOC) a publié une version révisée de son guide sur l’antibiothérapie en juin 2026. En voici les grandes lignes, notamment dans les infections urogénitales.
L’antibiorésistance constitue une préoccupation majeure de santé publique au niveau mondial. La sélection d’une molécule ne doit plus être réflexive, mais résulter d’une analyse bénéfice/risque qui pèse l’efficacité pharmacologique contre les dommages collatéraux sur le microbiome individuel et la santé publique.
En Belgique, le guide BAPCOC reste une référence pour promouvoir une politique antibiotique responsable et scientifiquement étayée [1]. Voici les grands principes qui se dégagent de l’édition 2026.
Des antibiothérapies simplifiées et mieux ciblées
Les indications pour les antibiotiques sont globalement plus restrictives. Les patients à risque sont aussi mieux identifiés et plus ciblés. Plusieurs antibiothérapies ont été simplifiées, avec des durées de traitement plus courtes et des posologies optimisées en fonction des taux de résistance actuellement observés. L’objectif étant d’éviter de recourir inutilement, trop longtemps et/ou trop massivement aux antibiotiques.
Limiter les antibiotiques à risque de résistance
L’OMS classe plusieurs antibiotiques comme présentant un risque plus élevé de développement d’une résistance. C’est notamment le cas des macrolides. Raison pour laquelle le guide BAPCOC a limité la place de l’azithromycine dans l’arsenal thérapeutique.
Pour traiter les infections à Chlamydia par exemple, l’azithromycine n’est plus le traitement de première intention, sauf pour les femmes enceintes. Ce faisant, le guide BAPCOC a intégré les recommandations du guide WOREL dédié à ces pathologies [2].
Allergies à la pénicilline : douter et relativiser !
80 à 90 % des personnes étiquetées « allergiques à la pénicilline » ne le sont pas réellement. Avant d’écarter ce traitement de référence, il convient donc de confirmer (ou d’infirmer) ce diagnostic allergique.
D’ailleurs, le guide BAPCOC ne propose plus d’alternative aux allergies à la pénicilline non IgE médiée. En effet, celles-ci étant généralement bénignes, elles ne sont plus considérées comme une contre-indication. En cas de réactions graves (rares), le guide a aussi revu les les alternatives en cas d’allergies IgE médiées pour certaines infections.
Des indications pour le renvoi vers la deuxième ligne
Pour chaque type d’infections, le guide BAPCOC précise désormais quand le patient doit être adressé à un médecin spécialiste : infections récidivantes, complication locale, suspicion de pathologies sous-jacentes et/ou plus complexes et, bien sûr, sepsis. Pour rappel, dans 25 à 30 % des cas, l’issue d’un sepsis est fatale. Ce taux monte à 40-60 % en cas de choc septique. Le risque de sepsis justifie donc d’adresser la personne en urgence à un ou une spécialiste de deuxième ligne.
> Nous vous invitons à poursuivre votre lecture vers nos articles consacrés aux cystites aigües et aux cystites récurrentes. Nous reviendrons sur les antibiothérapies des autres infections urinaires dans nos prochaines éditions.
Références
1. BAPCOC, « Guide belge de traitement anti-infectieux en pratique ambulatoire : mise à jour partielle », mai 2026.
2. WOREL : Van Royen P. et al., « Guide de pratique clinique sur le diagnostic, le traitement, le suivi et le renvoi des infections à Chlamydia trachomatis en soins primaires : Mise à jour », février 2025.