Georges-Louis Bouchez (MR)
« Taxer les mutuelles dégagerait environ 165 millions d’euros par an »
Les mutuelles, en tant que "grosses ASBL", feraient selon Goerges-Louis Bouchez, une économie fiscale substantielle. Taxer cette somme rapporterait jusque 165 millions d'euros.
Lors du congrès de lancement du Mouvement réformateur à La Louvière ce dimanche 5 janvier, le président du MR Georges-Louis Bouchez a ciblé un acteur rarement mis en cause dans le débat fiscal : les mutuelles. Dans un discours centré sur la nécessité de réduire la pression fiscale pesant sur le travail, Bouchez a dénoncé ce qu’il considère comme « une injustice structurelle du système belge ». Selon lui, certaines organisations disposant de moyens considérables échappent à l’effort collectif, alors que l’État cherche de nouvelles recettes.
Les mutuelles, a-t-il rappelé, disposent d’un patrimoine estimé à plus de 6 milliards d’euros tout en bénéficiant d’exemptions fiscales importantes, notamment en matière d’impôt des sociétés et de taxation applicable aux grandes ASBL. Cette situation aurait permis, selon le président libéral, une économie fiscale de l’ordre de 400 millions d’euros sur quatre ans.
165 millions d’euros par an
« Si l’on parle de faire contribuer les épaules les plus larges, alors les mutuelles en font clairement partie », a-t-il lancé, contestant leur exclusion explicite de certaines taxes prévues par la loi. Pour le président du MR, cette exception n’est plus justifiable, ni économiquement ni moralement, dans un contexte de finances publiques sous tension.
La proposition du MR est de soumettre les mutuelles aux mêmes règles fiscales que les autres grandes organisations, ce qui permettrait de dégager environ 165 millions d’euros par an. Des moyens qui, selon Bouchez, pourraient être réorientés vers une baisse des charges pesant sur les travailleurs, en particulier les jeunes actifs.
En visant les mutuelles, le président du Mouvement Réformateur ouvre un débat qui touche le cœur du modèle de la sécurité sociale belge et des acteurs historiquement proches de la gauche et du pilier chrétien. Pour Bouchez, 2026 doit être l’année de la « vérité budgétaire ».