Second Victims : le médecin victime d'incident médical
Le film danois Second Victims suit la journée de travail d’Alex, neurologue aux urgences d’un hôpital en sous-effectif et submergé. Lorsqu’elle manque un diagnostic, il ne reste plus que des victimes.
Second Victims suit la journée de travail de la neurologue Alex (Özlem Saglanmak, connue pour Borgen) aux urgences d’un hôpital en sous-effectif et sursollicité. En plus de sa propre garde en thrombolyse, elle doit superviser Emilie, une jeune interne encore incertaine qui se charge des admissions.
Les premières scènes montrent Alex comme une médecin déterminée et sûre d’elle, capable de trancher, qui demeure un point fixe de calme au milieu de l’agitation hospitalière – magnifiquement rendue par une caméra plutôt nerveuse.
Alors qu’Alex est occupée avec une patiente victime d’un AVC, Emilie la sollicite pour un second avis au sujet d’Oliver, un jeune homme de 18 ans venu consulter avec sa mère Camilla pour des maux de tête.
Emilie suspecte une raideur de la nuque, mais celle-ci n’est pas confirmée par l’examen neurologique qu’Alex réalise. La proposition d’Emilie de demander un scanner cérébral par précaution est écartée d’un revers de la main. Alex rassure Oliver et Camilla et les renvoie chez eux.
Un peu plus tard, tout tourne très mal : dans le couloir de l’hôpital, Oliver s’effondre. Un scanner révèle un infarctus cérébral qui met sa vie en danger. Lorsque le neurochirurgien de garde décide qu’une opération serait trop risquée, l’issue fatale semble déjà inéluctable.
Chez Alex, la confiance en soi cède la place au doute, la collégialité à des reproches acerbes, et la communication claire à des explications floues. Tout débouche sur une confrontation brutale avec les parents d’Oliver, eux-mêmes en désaccord sur l’opportunité de respecter le souhait de leur fils de devenir donneur d’organes.
Le titre du film renvoie évidemment au phénomène bien réel des « second victims », mis en lumière en Belgique par Kris Vanhaecht du Leuven Institute for Healthcare Policy. Une « victime secondaire » est définie comme « tout prestataire de soins impliqué directement ou indirectement dans un événement indésirable inattendu pour un patient, une erreur médicale non intentionnelle ou un dommage causé à un patient, et qui en devient lui-même victime dans la mesure où il en subit aussi des conséquences négatives ».
Second Victims montre très concrètement l’impact immense que l’incident a sur Alex. Saglanmak incarne avec une grande justesse les émotions contradictoires qui la traversent et fait apparaître combien, en tant que victime secondaire, elle a elle aussi besoin de réconfort, tout autant que les parents d’Oliver. Dans cette deuxième partie, le ton du film glisse du quasi documentaire vers un sombre drame psychologique, parfois au détriment du réalisme. Mais cela a pour effet de vous clouer au siège, le souffle suspendu.
Au moment précis où l’on croit que la réalisatrice Zinnini Elkington va s’en tenir sagement aux règles aristotéliciennes du drame – une seule action, en un seul lieu, sur une durée maximale de vingt-quatre heures – Second Victims nous entraîne dans le cadre privé d’Alex, où se dévoile une facette jusqu’alors inconnue de la médecin. C’est aussi dans ce décor idyllique que se déroule la scène finale, énigmatique.
Second Victims porte un regard frontal sur l’impact des erreurs médicales sur les soignants.
Le film est à l’affiche dans les salles de cinéma belges jusqu’au 3 février, puis disponible sur la plateforme de streaming Picl.
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