Gynécologie
Syndrome des ovaires polykystiques: ne dites plus SOPK, mais bien SMOP
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) s’appelle depuis la semaine dernière syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP). Par ce changement de nom, un groupe international de scientifiques souhaite préciser le diagnostic et améliorer la prise en charge qui l’entoure. Cette nouvelle appellation souligne en effet qu’il ne s’agit pas uniquement d’une affection limitée aux ovaires, mais d’un trouble métabolique et hormonal pouvant avoir des conséquences importantes, y compris sur la santé mentale.
Le changement de nom a été annoncé cette semaine dans The Lancet. Pour prendre cette décision, 56 scientifiques de premier plan ont été consultés. Par ailleurs, plus de 14.000 femmes atteintes du syndrome et des professionnels de la santé se sont exprimés sur la question via des enquêtes. Au cours des prochaines années, cette nouvelle appellation sera diffusée auprès des médecins, des chercheurs et des patientes.
Un terme erroné
« SOPK est en réalité un terme erroné », explique, dans une interview, le co-auteur de l'étude, le Dr Joop Laven, professeur de gynécologie au MC Erasmus et spécialiste de cette pathologie. Selon lui, les patientes ne présentent pas de kystes au niveau des ovaires: « Il s’agit de follicules, de petits sacs contenant les ovules. Beaucoup de patientes trouvaient donc aussi que c’était un nom désagréable. »
En outre, cette appellation était également incomplète, écrivent les scientifiques. Car le SMOP est bien plus qu’une simple affection des ovaires: le syndrome influence aussi l’équilibre hormonal et le métabolisme. La nouvelle dénomination reflète donc mieux cette réalité, puisque SPOM signifie "syndrome métabolique ovarien polyendocrinien" ; le terme "polyendocrinien" renvoyant aux multiples aspects hormonaux.
Vers une meilleure reconnaissance de la maladie
L’espoir est que cette nouvelle appellation permette une meilleure reconnaissance auprès des organismes de financement de la recherche et des professionnels de santé. « Car le diagnostic est loin d’être optimal », affirme le Dr Laven. « Les patientes sont diagnostiquées beaucoup trop tard. Certaines souffrent depuis des années de symptômes qu’elles ne parviennent pas à expliquer, ou ne sont pas orientées vers un spécialiste. Pourtant, toute jeune femme ayant des règles irrégulières mérite une évaluation adéquate. »
Selon les initiateurs du changement, cette nouvelle dénomination constitue une étape cruciale vers de meilleurs résultats pour une affection qui touche une femme sur huit dans le monde. D’après les estimations récentes de l’OMS, 13 % des femmes en âge de procréer sont atteintes du SMOP, et près de 70 % d’entre elles vivent avec la maladie sans avoir reçu de diagnostic.