Prix du Généraliste 2026
Quels sont les obstacles à la réalisation du dépistage du cancer du poumon en médecine générale en Belgique ?
Étude mixte axée sur les facteurs liés aux médecins généralistes francophones et germanophones.
Le dépistage du cancer du poumon (LCS) par tomodensitométrie à faible dose (LDCT) permet de réduire la mortalité grâce à une détection plus précoce. Malgré son efficacité démontrée, sa mise en œuvre reste limitée en Belgique où aucun programme de dépistage uniforme n'existe actuellement.
Les médecins généralistes (MG) jouent un rôle clé dans la promotion du dépistage, mais divers obstacles liés à leur pratique peuvent freiner ce processus.
Méthodologie
Ce travail de fin d’études (TFE) s’est déroulé en deux phases. Premièrement, une revue exploratoire de la littérature a été réalisée via PubMed afin d’identifier les obstacles au dépistage des cancers (poumon, colorectal, sein, col de l’utérus) liés aux médecins, aux patients et au système de santé. Au total, 79 articles publiés entre 2019 et 2024 en anglais, français et allemand ont été inclus.
De cette revue, 22 thèmes d’obstacles liés aux médecins ont été extraits. Ces résultats ont ensuite servi à élaborer un questionnaire en ligne adressé aux MG de la région francophone et germanophone de Belgique. Le questionnaire évaluait les obstacles perçus au LCS, les opinions sur le sujet et les connaissances des guidelines actuelles.
Résultats
Le questionnaire en ligne a recueilli 43 réponses valides. Les trois principales barrières identifiées étaient l’impossibilité de facturer séparément les conseils liés au LCS (100 %), la non-utilisation d’outils d’aide à la décision partagée (94,6 %) et l’absence d’utilisation d’outils d’évaluation du risque (91,9 %).
Les questions de connaissances ont montré que bien que la majorité ait correctement identifié le LDCT comme méthode appropriée, seuls 34,9 % connaissaient l’intervalle recommandé (un an), et 37,2 % les critères d’éligibilité en paquets-années. Au total, 80,5 % des répondants ont exprimé un besoin de formation complémentaire pour se sentir à l’aise dans la recommandation du dépistage.
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« 80,5 % des répondants ont exprimé un besoin de formation complémentaire pour se sentir à l’aise dans la recommandation du dépistage. »
Conclusion
Cette étude met en évidence d’importants obstacles liés aux médecins dans la mise en œuvre du LCS en médecine générale belge francophone et germanophone.
Elle souligne la nécessité d’interventions éducatives ciblées, d’une meilleure intégration des outils d’aide à la décision partagée et d’évaluation du risque, ainsi que d’adaptations systémiques, notamment en matière de facturation.
Bien qu’exploratoires en raison de la taille limitée de l’échantillon, ces résultats constituent une base utile pour de futures interventions visant à améliorer le recours au LCS et à soutenir les MG dans une pratique de dépistage fondée sur les preuves.
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