La médecine générale aspire à une reconnaissance européenne en tant que spécialité
Lors du congrès de l’UEMS, le président de l’UEMO, Tiago Villanueva, a plaidé avec vigueur en faveur de la reconnaissance de la médecine générale comme spécialité médicale à l'échelle européenne. Il a reçu à cet égard le plein soutien du président de l’UEMS, Vassilios Papalois. 
En Grèce, son pays d'origine, le président de l’UEMS, Vassilios Papalois, souligne que la médecine générale est très peu présente, voire pratiquement inexistante. Il vit et travaille depuis 35 ans au Royaume-Uni, où la médecine générale constitue le moteur du système de santé.
« Le contraste entre les deux est frappant et montre immédiatement pourquoi la médecine générale est si importante. La confiance qu’un patient accorde à son médecin généraliste, il ne l’accorde à aucun autre médecin. »
« Pourquoi, dès lors, une reconnaissance européenne en tant que spécialité à part entière se fait-elle attendre depuis si longtemps ? », s’interroge-t-il. « À mon avis, la principale raison est un malentendu tenace : on pense que la médecine générale est, certes, vaste, mais qu’elle manque de profondeur. Parce que les médecins généralistes sont confrontés à un très large éventail de pathologies, on suppose que leurs connaissances, leurs compétences et leur expertise ne présentent pas une véritable profondeur. Or, c’est exactement l'inverse. »
Qualification
Des propos qui résonnent comme une douce mélodie aux oreilles de Tiago Villanueva, président de l’UEMO (Union Européenne des Médecins Omnipraticiens).
« Le chemin vers la reconnaissance européenne est semé d’embûches. L’Union européenne ne considère pas la médecine générale comme une spécialité, mais comme une qualification. Elle établit une distinction entre les spécialités médicales et ce qu’elle appelle la general medical practice. Cela traduit une faible considération pour la médecine générale. Ce refus de reconnaissance contraste fortement avec celle dont elle bénéficie dans la quasi-totalité des États membres de l’UE. »
Pour Tiago Villanueva, deux motivations justifient l’importance de la reconnaissance européenne de la médecine générale comme spécialité médicale. « Si nous obtenons cette reconnaissance européenne, la médecine générale ne sera plus perçue comme une médecine de second rang. Cela renforcera également son attractivité auprès des étudiants en médecine. Aujourd’hui, presque tous les pays européens – y compris la Suède et la Norvège – sont confrontés à une pénurie de médecins généralistes. »