La dépression est le tableau clinique le plus fréquent dans les établissements psychiatriques
Tendance à l'hospitalisation partielle
En 2024, la dépression était le diagnostic le plus fréquent lors d'une admission dans un établissement psychiatrique. C'est ce qui ressort d'un rapport sur l'activité de soins dans les établissements psychiatriques.
Le rapport se fonde sur les Résumés Psychiatriques Minimum (RPM) - des hôpitaux psychiatriques (HP) et des services psychiatriques des hôpitaux généraux (SPHG) pour l’année 2024.
Diagnostics dans les institutions psychiatriques
Les troubles dépressifs représentaient, en 2024, près de 20 % des séjours dans les HP et les SPHG pris ensemble. Il s’agit du diagnostic le plus fréquent dans les SPHG (24,07 %) et du deuxième diagnostic le plus fréquent dans les HP (14,23 %).
L’abus d’alcool constitue le deuxième diagnostic principal le plus fréquent, toutes institutions confondues. Il est le diagnostic principal le plus fréquent dans les HP (16,57 %) et le deuxième dans les SPHG (17,52 %).
Le troisième diagnostic principal le plus fréquent concerne les troubles de l’adaptation. Ils sont présents dans 10,93 % des séjours en HP et dans 16,26 % des séjours en SPHG.
Il existe une nette différence entre les tableaux cliniques observés chez les enfants et les jeunes, d’une part, et ceux observés chez les adultes et les personnes âgées, d’autre part. Environ une admission sur dix chez les enfants de moins de 17 ans a pour diagnostic principal des troubles de l’attention et du comportement.
Dans les groupes d’âge les plus jeunes, on observe de nombreux séjours d’enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme et, en HP, un nombre très élevé de troubles du développement. Chez les 13-17 ans, les troubles de l’adaptation et la dépression passent davantage au premier plan.
Chez les adultes, les diagnostics les plus fréquents sont la dépression et l’abus d’alcool. Les hommes présentent plus souvent des problématiques liées à l’alcool, tandis que les troubles dépressifs sont plus fréquents chez les femmes.
Hospitalisation partielle
Au total, 116.777 nouveaux séjours en HP et en SPHG ont été enregistrés en 2024, dont 53 % en SPHG et 47 % en HP.
L’hospitalisation partielle représente 16 % des séjours. Depuis 2012, ce type de séjour a augmenté de 56 %. Pour les hospitalisations à temps plein, le nombre de séjours a progressé de 3 % depuis 2012, mais la durée de séjour a diminué de 14 %.
Cette évolution s’inscrit dans la tendance à une plus grande socialisation des soins, indique le rapport : les hospitalisations deviennent plus courtes et plus intensives, tandis que le lien avec l’environnement de vie du patient est maintenu grâce à l’hospitalisation partielle.
Mesures d’observation protectrice
En 2024, 8.734 nouvelles mesures "d’observation protectrice" ont été enregistrées. C’est 45 % de plus qu’en 2015. Les admissions concernent surtout des hommes âgés de 19 à 70 ans. Les troubles psychotiques et la schizophrénie sont les diagnostics les plus fréquents.
Environ un tiers des séjours durent moins de dix jours. Dans près de 70 % des cas, l’admission prend fin d’un commun accord.