Cas d'école : Maradona, en sevrage, n'aurait jamais dû être soigné à domicile, martèlent des experts
Diego Maradona, en plein sevrage d'alcool, n'aurait jamais dû être hospitalisé à domicile pour une convalescence: il aurait dû être suivi en centre de réhabilitation, ont convenu mardi deux experts au procès de l'équipe soignante sur la mort de la star. Ses médecins et le personnel soignant risquent 25 ans de prison.

Un psychiatre et un médecin interniste spécialiste de pathologies complexes ont témoigné au 38e jour d'audience du procès sur les circonstances de la mort, en 2020, de la star du ballon rond. Ce dernier était en convalescence à domicile après une neurochirurgie. Les deux experts sont membres de la commission médicale pluridisciplinaire d'une vingtaine de spécialistes - dont ceux qui pratiquèrent l'autopsie - mise en place 2021 par la justice sur la mort de Maradona, vécue en Argentine comme un drame national.
Au-delà de l'opération - qui s'est déroulée sans complication -, Maradona souffrait d'un "syndrome confusionnel lié au sevrage alcoolique", de sorte qu'"il n'était pas en état de sortir de l'hôpital", a affirmé le psychiatre Jose Luis Covelli. "Excitation psychomotrice, impulsivité, irritabilité, tentatives de fugue", tels étaient ses symptômes après l'opération, a-t-il énuméré. "Une hospitalisation à domicile ne répond pas aux exigences nécessaires pour le suivi cognitif de l'évolution du patient dans cet état confusionnel", a-t-il insisté.
Déposant après lui, l'interniste Ramiro Larrea a renchéri. Le footballeur "n'était pas dans son état normal. Il traversait un épisode de sevrage, ce qui le rendait difficile à gérer (...) il aurait dû être admis dans un établissement de réhabilitation". "S'est mise en place une hospitalisation à domicile qui n'en était pas vraiment une, c'était plutôt un suivi à domicile", a estimé le Dr Larrea, au sujet de la convalescence organisée pour Maradona dans une maison louée pour l'occasion à Tigre, au nord de Buenos Aires.
Sept professionnels de santé (médecin, psychiatre, psychologue, infirmiers) sont jugés, vraisemblablement jusqu'à octobre, pour potentielles négligences fatales. Ils encourent jusqu'à 25 ans de prison.
C'est là qu'il a été retrouvé mort dans la matinée du 25 novembre 2020, des suites d'une crise cardiorespiratoire couplée à un œdème pulmonaire. Selon des témoignages d'experts au procès, l'ancien joueur, âgé de 60 ans, a agonisé de plusieurs heures.
Le procès, entamé mi-avril, a longuement évoqué l'inadéquation, en termes d'équipement médical de cette maison de Tigre, mais aussi des soins, ou examens qu'aurait requis Maradona, étant donné ses antécédents, notamment rénaux et cardiaques. Les membres de la commission médicale se sont montrés accablants concernant les soins (non) prodigués à Maradona au cours des dernières semaines de sa vie. Dans leur rapport en 2021, ils concluaient que le "pibe de oro" (le gamin en or) avait été "abandonné à son sort" par l'équipe soignante et que "des signes de danger de mort" avaient été ignorés.
Sept professionnels de santé (médecin, psychiatre, psychologue, infirmiers) sont jugés, vraisemblablement jusqu'à octobre, pour potentielles négligences fatales. Ils encourent jusqu'à 25 ans de prison.