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Patch à la capsaïcine à 8 % contre la polyneuropathie diabétique

La mise sur le marché du patch à la capsaïcine hautement concentrée (HCCP) offre une option thérapeutique supplémentaire à certains patients souffrant de douleurs neuropathiques périphériques liées au diabète.

15 octobre 2026

Le rôle de la capsaïcine et des récepteurs TRPV1

Le patch à la capsaïcine hautement concentré (8 %) (HCCP) est un produit à application locale contenant 179 mg de capsaïcine (1-2), un agoniste hautement sélectif du récepteur TRPV1 (Transient Receptor Potential Vanilloid 1). Le HCCP peut soulager les symptômes de la douleur neuropathique périphérique par désensibilisation des nocicepteurs, ce qui entraînerait une régénération des terminaisons nerveuses afférentes épidermiques et une normalisation de la densité nerveuse dermique. (3)

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Soulagement de la douleur en cas de neuropathie diabétique

Dès 2019, l’étude randomisée PACE, menée auprès de 468 patients souffrant de neuropathie périphérique diabétique douloureuse (NPDD), a démontré que le HCCP, associé à un traitement standard (Standard of Care ou SOC), était plus efficace que le SOC seul. (4)

L’intensité de la douleur a été mesurée à l’aide de l’échelle validée BPI-DPN (Brief Pain Inventory – Diabetic Neuropathy), spécifique au diabète, qui évalue la gravité de la douleur et son impact sur le fonctionnement quotidien. Une note est attribuée allant de 0 (aucune douleur et/ou aucune interférence) à la douleur la plus intense imaginable et/ou une interférence totale (score 10). Les patients ont reçu soit les soins standard (SOC), soit les soins standard + un patch à la capsaïcine pendant 30 ou 60 minutes, jusqu’à 7 applications.  Dès le premier mois, les patients des groupes traités à la capsaïcine ont connu une réduction de la douleur nettement plus importante que ceux ayant reçu uniquement les soins standard. (4)

Ces résultats sont complétés par des données probantes de la vie réelle (Real World Evidence) issues de l’étude rétrospective CASPAR, portant sur 1 à 4 applications de HCCP et dans laquelle, entre autres, le score API (Average Pain Intensity, une échelle évaluant également la douleur de 0 à 10) a été pris en compte comme critère d’évaluation. L'API moyen du groupe de 279 patients ayant reçu 4 traitements par HCCP, est passé de 59,0 au début à 16,0 après 12 mois. (5)

Administration répétée

Plusieurs études suggèrent que l’efficacité du HCCP peut augmenter avec des traitements répétés. (4-5) Dans l’étude CASPAR, on a observé une réduction du score API de 30 % ou plus à mesure que le nombre de traitements augmentait (98,9 %, 90,8 %, 67,7 % et 22,0 % des patients après respectivement 4, 3, 2 ou 1 applications de HCCP). (5)

Dans l’étude PACE également, on a non seulement observé une différence d’efficacité par rapport aux soins standard dès le premier mois, mais on a également constaté que cette différence pouvait persister et s’accentuer au cours de la période de suivi de 52 semaines et en fonction du nombre d’applications. (4)

Titel bij grafiek: Pourcentage de patients présentant une réduction du score API de 30 % par rapport à la valeur initiale de la douleur quotidienne moyenne (NPRS) après sept traitements avec un patch cutané contenant 179 mg de capsaïcine. 

figuur 6

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≥ 30% des répondants, n (%)
Nombre de traitements avec 179mg de capsaïcine 

Adapted from : Vinik A.I. et al, Journal of Current Medical Research and Opinion, Vol 02 Iss 12, 388–401 (2019)

Faible risque d’effets indésirables systémiques

En raison de la faible absorption transdermique, le risque d’effets indésirables systémiques est faible. (1,6)  Dans une étude comparative avec la prégabaline chez des patients atteints de NPDD, le patch à 8 % de capsaïcine, après une utilisation répétée pendant 52 semaines, a entraîné 0 à 1,2 % d’effets indésirables systémiques, contre 2,5 à 18,4 % dans le groupe traité par la prégabaline. (6)

 Régénération sans perte de la fonction sensorielle

Les résultats de l’étude PACE montrent que le traitement répété par le patch à 8 % de capsaïcine n’était pas associé à une perte de la sensibilité transmise par les petites fibres nerveuses. Les résultats des tests sensoriels réalisés chez le sous-groupe de patients ayant reçu sept traitements consécutifs à la capsaïcine ont en outre montré qu’un traitement régulier et répété par le patch à 8 % de capsaïcine n’était pas non plus associé à une détérioration de la fonction sensorielle. (7)

Des études menées chez des patients atteints de NPDD montrent que le traitement à la capsaïcine à 8 % peut réduire la douleur et est bien toléré. (4,5,6,7)

Dans la pratique

Le Pr Jean-Christophe Philips (CHU de Liège) sait très bien à quel point il est important de traiter la neuropathie diabétique douloureuse (NDD) : « Cela va bien au-delà de la simple douleur : la neuropathie s’accompagne souvent d’une mobilité réduite, ce qui a des répercussions sur la vie professionnelle ou sociale, et peut entraîner une dépression ».

Prof. Philips

La neuropathie diabétique reste-t-elle un sujet de préoccupation, malgré l'amélioration de la prise en charge du diabète?

Pr Philips : « Près de la moitié des personnes diabétiques souffrent d’une forme de neuropathie et nous estimons qu’environ un quart d’entre elles en présentent une forme douloureuse. (8,9)  Chez les personnes diabétiques de type 1, le principal facteur de risque est l’hyperglycémie, associée à la durée du diabète. Pour le diabète de type 2, le tableau est plus complexe : l’obésité, l’hypertension, la dyslipidémie et le tabagisme jouent également un rôle dans son apparition (9). On observe même des cas de neuropathie chez des personnes prédiabétiques, avec un taux d’HbA1c bien inférieur à 7 %.» (9)

Comment cette complication du diabète est-elle prise en charge au service de diabétologie du CHU de Liège ?

Pr Philips : « Il faut tout d’abord poser le bon diagnostic, qui repose principalement sur l’examen clinique et l’anamnèse : il faut s’enquérir des caractéristiques typiques de la douleur, savoir si elle survient au repos, ou surtout le soir ou la nuit. Il doit s’agir d’une douleur symétrique et distale. (9,10)  Il est important de savoir qu’un EMG peut être tout à fait normal, car ce sont les petites fibres nerveuses non myélinisées (fibres C et Aδ) qui sont touchées en premier. À mesure que la maladie progresse, les fibres plus grosses sont également affectées. » (9,11)

Comment détermine-t-on le traitement dont a besoin le patient ?

Pr Philips : « Cela dépend de la localisation de la douleur et du profil du patient. Il existe différents traitements par voie orale, mais nous constatons chez environ 40 à 60 % des patients une réponse partielle, voire aucune réponse. (12)  Et ces médicaments ont souvent des effets indésirables systémiques. (4,6)   Aujourd’hui, nous faisons de plus en plus la distinction entre la neuropathie locale ou focale, localisée au niveau des pieds et des jambes, et la neuropathie touchant des zones plus étendues. (13, 14)  Pour la première forme localisée, nous pouvons désormais également recourir à des applications locales telles que le HCCP. ((14) »

Quels sont les résultats obtenus dans la pratique avec le HCCP ?

Pr Philips : « Chez une personne qui souffre de douleurs au niveau de ses jambes, du genou au pied, on ne peut bien sûr pas utiliser un tel patch. Mais lorsque la douleur est très localisée, par exemple quelque part au niveau des pieds, le HCCP peut donner de bons résultats. (14)  Un avantage majeur est le risque réduit d’effets indésirables systémiques. Parfois, l’application provoque une légère gêne locale passagère. (6) Nous prévenons toutefois le patient à l’avance qu’il faudra compter 3 à 4 applications, car nous constatons que l’effet est souvent limité après la première utilisation du HCCP, et nous conseillons d'évaluer au cas par cas après trois ou quatre applications. » (4-5)

Comment se déroule la collaboration avec les collègues d’autres spécialités ?

Pr Philips : « Il est important de bien se mettre d’accord avec les spécialistes de la douleur, car ce sont eux qui doivent demander le remboursement du HCCP (15).  En tant que diabétologues, nous ne pouvons pas le faire. En revanche, nous fournissons un diagnostic complet, parfois complété par un avis neurologique, et nous remplissons ici le questionnaire DN4(16), ce qui nous permet de constituer un dossier déjà prêt pour notre confrère. L’accord prévoit que nos patients puissent alors être pris en charge rapidement à la clinique de la douleur et qu’après validation, des infirmiers qualifiés posent le HCCP. (15)  »

Un dernier message ?

Pr Philips : « Si l’on pose le bon diagnostic et si l’on met en place le bon traitement, on peut vraiment changer la vie d’un patient. (5) »

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