De nouvelles retombées de l’étude REPRIEVE
Les PVVIH sous statine sont-ils hypertendus ?
À la AIDS Conference 2023, le Pr Steven Grinspoon (USA) terminait la présentation des résultats de l’étude REPRIEVE sous un tonnerre d’applaudissements. Pour la première fois, une étude montrait qu’une statine réduit de 35% le risque d’événements cardiovasculaires majeurs (MACE) chez des PVVIH sous ART, un résultat qui a par la suite changé la pratique quotidienne. Depuis ce moment, les analyses complémentaires de REPRIEVE se sont multipliées. Lors de la CROI 2026, de nouvelles données [1] ont été présentées sur l’incidence de l’hypertension artérielle chez des PVVIH sous statines et le lien avec les MACE.

Les PVVIH (personnes vivant avec le VIH) encourent un risque cardiovasculaire deux fois plus important que les personnes séronégatives. L'explication tient à trois acteurs : le virus qui entretient une inflammation persistante, le traitement même si les nouvelles molécules sont plus sûres et le PVVIH lui-même par son âge, son mode de vie, ses comorbidités etc.
L'étude REPRIEVE [2] a montré que la pitavastatine réduisait drastiquement la morbi/mortalité cardiovasculaire des PVVIH à faible risque cardiovasculaire. On sait qu’une HTA est un facteur important de risque cardiovasculaire et que le risque d'hypertension incidente (HTAi) est plus faible chez des personnes séronégatives traitées par statines, mais qu’en est-il chez les PVVIH ?
Une statine réduit de 17% le risque d’une HTA incidente
Dans REPRIEVE, une HTAi était définie comme un nouveau diagnostic clinique (PAS ≥ 140 mmHg ou PAD ≥ 90 mmHg documentée à au moins deux reprises) ou l’initiation d'un traitement antihypertenseur.
Avec un suivi médian de cinq ans, 13,4% (668/4.989) des PVVIH ont développé une HTAi (27,1/1.000 patients-années). Les taux sont moins élevés sous statine (24,7/1.000 PA) que sous placebo (29,6/1.000 PA). La pitavastatine réduit de 17% le risque de HTAi vs placebo (HR = 0,83), y compris dans les sous-groupes (âge, sexe, BMI…). Après ajustement pour le risque cardiovasculaire à l’inclusion, une HTAi est associée à un risque plus que doublé de MACE (HR = 2,1), indépendamment du traitement.

Les PVVIH traités ont-ils une PA contrôlée ?
Les facteurs de risque prédictifs d’une HTA sont un âge avancé, une PA élevée, un BMI élevé, un syndrome métabolique, la race noire dans des pays à hauts revenus et le poids global de la maladie qui varie selon les pays. Chez les PVVIH qui ont une HTAi, 87% débutent un traitement antihypertenseur, 60% ont une PA contrôlée la première année (PAS < 140 mmHg / PAD < 90 mmHg) et plus de 70% à deux et quatre ans. Environ 30% ne sont pas contrôlés.
Le contrôle de l’HTA est important
Dans cette analyse complémentaire de REPRIEVE, la pitavastatine a réduit le risque de HTAi. L'apparition d'une HTAi est fortement associée à un risque accru de MACE, indépendamment de la prise de statines. Ces résultats soulignent à la fois l'effet préventif des statines sur le développement d’une HTAi et l'importance pronostique d’une HTAi pour les MACE chez les PVVIH.
Références
1. Martinez E, et al. CROI 2026;#118. Incident Hypertension in REPRIEVE: Risk Factors, Pitavastatin Effect & Cardiovascular Consequences. https://watch.croiwebcasts.org/2026croi/ap/55048
2. Grinspoon SK, et al. Pitavastatin to Prevent Cardiovascular Disease in HIV Infection. N Engl J Med 2023 Aug 24;389(8):687-699. doi: 10.1056/NEJMoa2304146