Cancer de la prostate
Le prometteur traitement local des métastases
La méta-analyse WOLVERINE s’est penchée sur six essais cliniques de phase II portant sur les traitements locaux des métastases dans les cancers de la prostate oligorécurrents. Des traitements qui s’avèrent prometteurs.
L’histoire naturelle des cancers de la prostate oligométastatiques ou oligorécurrents [1] est très hétérogène. Ils peuvent être indolents ou, au contraire, hautement agressifs. Cela explique sans doute pourquoi il n’y a pas encore de consensus sur la meilleure façon de les prendre en charge.
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Cela dit, un nombre croissant d’experts se tournent désormais vers le traitement local des métastases (MDT), par radiothérapie stéréotaxique. Et l’étude WOLVERINE [2] abonde dans leur sens.
Six essais à la loupe
WOLVERINE est une méta-analyse sur données individuelles des participants, qui regroupe six essais randomisés récents de phase II (ARTO, EXTEND continu et intermittent, ORIOLE, SABR-COMET et STOMP) qui comparent l’ajout de MDT au traitement standard versus le traitement standard seul dans des cancers de la prostate oligométastatiques [3]. La cohorte inclut un total de 472 patients, suivis pendant 40,7 mois en moyenne.
Des résultats encourageants
En compilant les résultats des six essais, les chercheurs ont établi que l’ajout d’un MDT au traitement standard est associé à :
- une meilleure survie sans progression, avec un hazard ratio (HR) au niveau de l’essai de 0,44 et un HR de 0,45 au niveau du patient ;
- une meilleure survie sans progression radiographique, avec un HR de 0,60 au niveau de l’essai et de 0,59 au niveau du patient ;
- une meilleure survie sans résistance à la castration, avec un HR de 0,58 au niveau de l’essai et du patient ;
- une tendance (encore non significative à ce stade) à une meilleure survie globale, avec un HR de 0,63 au niveau de l’essai et de 0,64 au niveau du patient.
De nouvelles questions
S’ils sont encourageants, ces résultats doivent être confirmés à plus long terme. Ils posent aussi de nouvelles questions. L’ajout de la SBRT améliorera-t-il vraiment la survie, aussi bien dans l’oligorécidive que dans le cancer oligométastatique de novo ? Comment intensifier la SBRT, notamment en plus d’une ADT, de radioligands ou d’autres thérapies ? Et dans quelle mesure le MDT pourrait-il être bénéfique dans le cancer métastatique résistant à la castration ? Plusieurs études de phase III sont en cours pour tenter de répondre à ces questions.
Références
1. Pour rappel, le cancer de la prostate oligométastatique désigne une maladie métastatique limitée à maximum cinq localisations (le préfixe « oligo » signifiant « peu »), de novo ou métachrone, après un traitement curatif local : on parle alors plutôt de cancer oligorécurrent ou d’oligorécidive.
2. Tang C, Sherry A, Hwang H et al., Metastasis-directed therapy and standard of care versus standard of care for oligometastatic prostate cancer (WOLVERINE): a systematic review and individual patient data meta-analysis from the X-MET collaboration, The Lancet Oncology, 27, 181-190, DOI: 10.1016/S1470-2045(25)00658-8
3. Notons que la méta-analyse inclut aussi bien des patients castration‑sensibles que résistants à la castration.