Psoriasis et obésité : vers une prise en charge combinée?
L’obésité est fréquente chez les patients atteints de psoriasis et semble associée à une maladie plus sévère ainsi qu’à une moins bonne réponse thérapeutique. Une étude randomisée de phase 3b publiée dans JAMA Dermatology a évalué l’intérêt d’une prise en charge combinant ixékizumab et tirzépatide chez des patients présentant un psoriasis modéré à sévère avec surpoids ou obésité.
Le lien entre psoriasis et obésité fait l’objet d’un intérêt croissant ces dernières années. Le surpoids et l’obésité concerneraient 60 à 78 % des patients psoriasiques. Plusieurs travaux suggèrent également qu’une perte pondérale pourrait réduire la sévérité du psoriasis, notamment par une diminution de l’inflammation systémique et une amélioration de l’insulinorésistance. L’excès pondéral pourrait par ailleurs réduire l’efficacité de certains traitements systémiques du psoriasis.
L’étude TOGETHER-PsO a randomisé 274 adultes présentant un psoriasis en plaques modéré à sévère associé à un surpoids avec comorbidité ou à une obésité. Les participants recevaient soit l’ixékizumab seul, soit l’ixékizumab associé au tirzépatide, en complément de mesures hygiéno-diététiques et d’activité physique.
Une amélioration simultanée du psoriasis et du poids
À 36 semaines, le critère principal combinant un PASI100 et une perte pondérale ≥10 % était atteint chez 27,1% des patients sous bithérapie, contre 5,8% sous ixékizumab seul. L’ajout du tirzépatide s’accompagnait également d’une augmentation plus modérée mais significative du taux de PASI100 seul (40,6% versus 29,0%). Une perte pondérale ≥10% était également observée chez 69,2 % des patients recevant le tirzépatide, contre 9,1 % sous ixékizumab seul.
Ces résultats s’inscrivent dans la continuité d’une méta-analyse récente regroupant 13 essais randomisés et 1.145 participants, dans laquelle les interventions de perte pondérale étaient associées à une diminution de la sévérité du psoriasis, une amélioration du DLQI et une augmentation du taux de PASI75 chez les patients présentant un excès pondéral.
Des résultats intéressants, mais encore exploratoires
Les auteurs soulignent toutefois plusieurs limites importantes, notamment le caractère ouvert de l’étude, l’absence de bras tirzépatide en monothérapie (limitant l’interprétation de l’effet propre du traitement sur le psoriasis) et l’exclusion des patients ayant présenté une réponse insuffisante préalable aux inhibiteurs de l’IL-17.
La tolérance apparaissait globalement conforme aux profils de sécurité connus des deux traitements. Les effets indésirables digestifs, principalement des nausées, diarrhées et vomissements, étaient plus fréquents chez les patients recevant le tirzépatide. Aucun nouveau signal de sécurité n’a été identifié.
Ces données ne modifient probablement pas à elles seules les pratiques actuelles, mais elles renforcent l’intérêt d’une prise en charge plus globale des patients psoriasiques présentant un excès pondéral, au-delà du seul contrôle cutané.
Remarques et références
1. DLQI = Dermatology Life Quality Index, score évaluant l’impact du psoriasis sur la qualité de vie.
2. Lebwohl M, Blauvelt A, Kartman CE, et al. Ixekizumab With or Without Tirzepatide in Adults With Psoriasis and Overweight or Obesity: A Phase 3b Randomized Clinical Trial. JAMA Dermatol. Published online May 15, 2026. doi:10.1001/jamadermatol.2026.1753.
3. Morrow S, Hawkins P, Griffiths CEM, et al. Impact of weight-loss interventions on psoriasis severity: A systematic review and meta-analysis. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2025. doi:10.1111/jdv.70247.