Cancer de la prostate : plus d’inhibitions pour les mCSPC HRR-altérés
L’étude TALAPRO-3 montre qu’associer le talazoparib à l’enzalutamide améliore significativement la survie sans progression radiologique chez des patients atteints d’un cancer de la prostate métastatique sensible à la castration et porteurs d’altérations HRR.
Chez les patients atteints d’un cancer de la prostate métastatique sensible à la castration (mCSPC), l’intensification par ADT et ARPI ne suffit pas toujours à contrôler durablement la maladie lorsqu’elle est associée à des altérations des gènes de réparation par recombinaison homologue (HRR).
Dans ce contexte et dans la foulée du signal déjà observé dans TALAPRO-2, les chercheurs ont testé plus précocement l’idée d’un double blocage associant les inhibitions de PARP et de la voie androgénique chez les patients sous ADT.
Design de TALAPRO-3
TALAPRO-3 est une étude de phase 3 en double aveugle, ayant randomisé 599 patients sous ADT et ayant une altération HRR confirmée. Le premier bras a reçu en sus 0,5 mg de talazoparib et 160 mg de l’enzalutamide par jour, tandis que le second a reçu la même dose d’enzalutamide ainsi qu’un placebo.
La stratification reposait sur le caractère de novo ou récidivant du mCSPC, le volume tumoral élevé ou faible et le statut BRCA versus non-BRCA.
Des résultats positifs
- La survie sans progression radiologique (rPFS) : après un suivi moyen d’environ 38 mois, le bras talazoparib + enzalutamide a réduit de 52% le risque de progression ou de décès, soit un hasard ratio (HR) de 0,48. La médiane de rPFS n’est pas atteinte dans ce bras versus 45,8 mois dans le bras placebo + enza. Le bénéfice est particulièrement marqué dans le sous-groupe BRCA muté, avec une diminution du risque de 63% (HR de 0,37), mais elle est tout de même de 43% chez les patients non-BRCA mutés (HR de 0,57).
- Critères secondaires : l’analyse intermédiaire de la survie globale (OS), bien que favorable à la combinaison, n’est pas significative. Chez les patients qui ont récidivé, le délai jusqu’à progression du PSA et le délai avant traitement antinéoplasique ultérieur ont également été prolongés par la combinaison (HR à 0,51).
Des toxicités globalement gérables
Le profil de tolérance reste dominé par les toxicités hématologiques, en particulier l’anémie (71,2%), la fatigue (28,4%) et la diminution des neutrophiles (27,1%). Les toxicités de grade 3-4 – qui sont presque deux plus fréquentes avec la combinaison – sont généralement gérables avec des modifications de doses et des soins de support.
Quelques cas de syndrome myélodysplasique, de leucémie aigüe myéloblastique et d’événements thromboemboliques ont été signalés dans le bras combinaison.
Conclusion
En attendant l’OS, les résultats de TALAPRO-3 semblent plaider en faveur d’un développement plus précoce de l’association talazoparib-enzalutamide chez les patients porteurs d’altérations HRR. L’étude confirme aussi l’intérêt d’un dépistage moléculaire rapide pour identifier les patients susceptibles de bénéficier de cette stratégie.
Référence
Agarwal N et al, TALAPRO-3: Talazoparib plus enzalutamide versus placebo plus enzalutamide for the treatment of patients with metastatic castration-sensitive prostate cancer harboring homologous recombination repair gene alterations. J Clin Oncol 2026;44(suppl 17:abstr LBA5007).