Pseudofolliculite de la barbe : les bons réflexes en pratique
Fréquente et parfois difficile à contrôler, la pseudofolliculite de la barbe peut laisser une hyperpigmentation post-inflammatoire et des cicatrices. Alors que sa prise en charge reste peu standardisée, un consensus d’experts publié dans JAMA Dermatology en septembre 2026 propose un cadre pratique pour son diagnostic et son traitement.
La pseudofolliculite de la barbe (PFB) est une affection inflammatoire chronique, et non une folliculite infectieuse : elle résulte de la pénétration dans la peau de poils courbés après le rasage. Elle touche surtout le cou, les joues et le menton chez l’homme, mais aussi les zones pileuses chez la femme. Elle se manifeste par des papules folliculaires ou périfolliculaires, souvent associées à des pustules, une hyperpigmentation post-inflammatoire et des cicatrices. Elle concernerait 45 à 80 % des hommes d’ascendance africaine, notamment en raison de la structure très frisée du poil, et peut altérer la qualité de vie.
Treize dermatologues experts ont élaboré, par méthode Delphi, 40 propositions consensuelles. Le diagnostic reste clinique, la dermoscopie peut aider à visualiser les poils incarnés et à suivre la réponse au traitement.
Le rasage, premier levier thérapeutique
Modifier les pratiques de rasage constitue la première mesure. En période de poussée inflammatoire, mieux vaut l’éviter. Lorsqu’il est nécessaire :
- Préférer une tondeuse électrique en laissant 0,5 à 1 mm de poil
- Raser dans le sens de pousse
- Ne pas tendre la peau ni arracher les poils
- Hydrater la peau avant et après le rasage, et remplacer régulièrement les lames
- Si un rasage à la lame est nécessaire, une lame unique peut être privilégiée par rapport à un rasoir multilames
- Aucune fréquence optimale de rasage n’a pu être définie
- Les dépilatoires chimiques constituent une alternative pour l’élimination du poil.
Traiter selon les manifestations
Le traitement médical doit être adapté au tableau clinique :
- Papules et pustules inflammatoires : peroxyde de benzoyle 5 %–clindamycine 1 %
- Poussée inflammatoire aiguë : dermocorticoïde de faible puissance en cure courte
- Hyperkératose folliculaire : rétinoïdes topiques
- Hyperpigmentation post-inflammatoire : hydroquinone ou acide azélaïque
- Forme modérée à sévère : tétracycline orale, le plus souvent doxycycline 100 mg 1 à 2 fois/jour ; la durée optimale n’est pas établie.
L’épilation laser est considérée comme un traitement modificateur de la maladie : elle réduit les lésions inflammatoires en détruisant durablement les follicules pileux. Le Nd:YAG est adapté aux phototypes III à VI et l’alexandrite pulsé aux phototypes I à III. Les séances sont poursuivies jusqu’à réduction des lésions et de la densité pilaire, sans nombre prédéfini. L’électrolyse constitue une autre option permanente.
Référence
Alomary SA, Baker NJ, Ugwueke G, et al. Best practices for managing pseudofolliculitis barbae: an expert consensus Delphi study. JAMA Dermatol. Published online September 23, 2026. doi:10.1001/jamadermatol.2026.3579.