Une banque européenne d’images oncologiques
L’Union européenne est en train de construire Cancer Image Europe, une « super-plateforme » d’images oncologiques. Objectif : développer, entraîner, tester et valider des outils d’IA dans le dépistage et la prise en charge de certains cancers.
L’intelligence artificielle (IA) peut aider à détecter, diagnostiquer, voire traiter les cancers. Encore faut-il l’entraîner avec un nombre conséquent de données de qualité.
L’Europe dispose de millions d’images oncologiques… mais elles sont éparpillées dans une multitude de répertoires et de centres cliniques. Et, donc, peu accessibles pour la recherche et l’innovation, qu’elles soient académiques ou privées.
C’est à ce problème que s’attaque l’European Cancer Imaging Initiative, l’une des actions phares du Plan européen pour vaincre le cancer. (1)
Une plateforme fédérée et sécurisée
La plateforme Cancer Image Europe est au cœur de l’initiative. Cofinancée par l’Union européenne, elle vise à simplifier le partage et l’utilisation des données d’imagerie du cancer pour développer, comparer, tester et valider de nouveaux outils numériques pour la médecine personnalisée.
Le tout en respectant pleinement les exigences européennes en termes de règlementation et de confidentialité des données, grand cheval de bataille de l’Europe dans la course aux nouvelles technologies de l’information.
Première étape : mettre en commun
Actuellement, la plateforme relie et rassemble les initiatives européennes et nationales, les réseaux hospitaliers et les répertoires de recherche contenant des données d’imagerie oncologique. (2)
L’année dernière, elle avait déjà connecté 83 ensembles de données. D’ici la fin de l’année, Cancer Image Europe devrait héberger plus de 60 millions d’images oncologiques, portant sur plus de 100.000 cas. Les images, anonymisées et annotées, concernent neuf types de cancers, certains fréquents, d’autres plus rares : sein, poumon, prostate, côlon, rectum, foie, gliome, gliome infiltrant du tronc cérébral et neuroblastome.
Deuxième étape : prouver
Après cette mise en commun des données, le projet va peu à peu faire place à des études multicentriques de validation des outils d’IA en conditions cliniques réelles.
Une cinquantaine d’outils IA (algorithmes, outils et modèles de prédiction clinique) sont d’ores et déjà disponibles sur la plateforme d’expérimentation et accessibles aux quelque 200 utilisateurs enregistrés dans 16 pays.
Troisième étape : implémenter
Si les outils IA font la preuve de leur utilité clinique, l’objectif suivant sera de les implanter sur le terrain. L’initiative entend soutenir les programmes de dépistage, notamment pour les cancers du sein, du poumon et de la prostate. L’idée est ainsi de favoriser la création d’un réseau européen de centres de dépistage avancés recourant à l’IA.
Références
Commission européenne, European Cancer Imaging Initiative.
La Belgique est partie prenante d’EUCAIM, le consortium qui développe Cancer Image Europe, via notamment Sciensano et la KU Leuven.