Cancer de l’endomètre : un signal favorable observé avec les agonistes du GLP-1
CONGRÈS ASCO L’obésité constitue l’un des principaux facteurs de risque du cancer de l’endomètre et pourrait également influencer son évolution. Présentée à l’ASCO 2026, une large étude observationnelle rétrospective a exploré l’association entre l’utilisation des agonistes du récepteur du GLP-1 et les résultats oncologiques chez des patientes atteintes d’un cancer de l’endomètre et d’obésité.

Le cancer de l’endomètre est le cancer gynécologique le plus fréquent dans les pays occidentaux, et l’obésité constitue l’un de ses principaux facteurs de risque modifiables.
Initialement développés pour le traitement du diabète de type 2 puis de l’obésité, les agonistes du GLP-1 suscitent un intérêt croissant en oncologie. Des données précliniques suggèrent en effet que la signalisation du GLP-1 pourrait intervenir dans certaines voies impliquées dans la prolifération cellulaire et l’inflammation.
Une vaste cohorte internationale
Les investigateurs ont utilisé la base de données TriNetX Global Collaborative Network, regroupant des données issues de 168 organisations de santé entre janvier 2000 et décembre 2025. Les patientes adultes atteintes d’un cancer de l’endomètre associé à une obésité ont été réparties selon l’utilisation ou non d’un agoniste du GLP-1.
Cette analyse en vie réelle met néanmoins en évidence une association entre l’utilisation des agonistes du GLP-1 et plusieurs critères cliniques et oncologiques favorables.
Après appariement par score de propension sur l’âge, l’origine ethnique, les comorbidités médicales et le stade tumoral, 6.352 patientes ont été incluses dans chacun des deux groupes. Les événements cliniques ont été évalués sur une période de cinq ans après l’initiation du traitement.
Des associations favorables sur plusieurs critères oncologiques
Comparativement aux patientes n’ayant pas reçu d’agoniste du GLP-1, celles traitées par cette classe thérapeutique présentaient une mortalité globale plus faible (HR 0,45 ; IC95 % 0,39–0,51 ; p < 0,001).
Les investigateurs ont également observé des taux plus faibles de métastases péritonéales (différence de risque : −2,16 % ; p < 0,001), ganglionnaires (−0,41 % ; p = 0,01) et viscérales (−3,76 % ; p = 0,01). Une réduction du risque de sepsis avec ou sans choc a également été rapportée (−1,42 % ; p < 0,001).
En revanche, aucune différence statistiquement significative n’a été observée concernant l’infarctus du myocarde, l’accident vasculaire cérébral ischémique, les passages aux urgences ou les pancréatites.
Des résultats à confirmer
Cette étude ne permet pas d’établir un lien de causalité entre l’utilisation des agonistes du GLP-1 et les résultats observés. Malgré l’appariement par score de propension, un biais de confusion résiduel ne peut être exclu.
Cette analyse en vie réelle met néanmoins en évidence une association entre l’utilisation des agonistes du GLP-1 et plusieurs critères cliniques et oncologiques favorables chez les patientes obèses atteintes d’un cancer de l’endomètre. Les auteurs soulignent que des études longitudinales complémentaires seront nécessaires afin de confirmer ces observations et d’éclairer d’éventuelles recommandations de pratique clinique.
Référence
Arya Y, et al. Real-world outcomes comparing the use of GLP-1 receptor agonists in patients with endometrial cancer and comorbid obesity: A propensity score matched analysis from a global federated health research network. ASCO Annual Meeting 2026.