Dénonciation possible de l'accord médico-mut : le GBO met en garde contre un saut d’index des honoraires médicaux
Le gouvernement fédéral envisagerait une indexation partielle des honoraires des prestataires de soins indépendants en 2027. Le Groupement belge des omnipraticiens (GBO) redoute qu’une mesure linéaire ne réduise à la fois la rémunération des médecins et les moyens nécessaires au fonctionnement des cabinets. Le GBO souligne que l’accord médico-mutualiste 2026-2027 permet aux organisations représentatives des médecins de le dénoncer si les honoraires ne sont pas intégralement indexés en 2027.

Selon un communiqué publié le 15 juillet par le GBO, le gouvernement Arizona examine la possibilité d’appliquer aux prestataires de soins indépendants un mécanisme comparable aux deux sauts d’index partiels décidés pour les salariés et les pensionnés. L’information avait été révélée deux jours plus tôt par La Libre Belgique.
La mesure, qui ne serait pas encore politiquement validée, ferait l’objet de discussions entre les cabinets ministériels. D’après les informations recueillies par le GBO, elle serait soutenue par la N-VA et le MR, tandis que Vooruit et Les Engagés s’y opposeraient. Si le gouvernement la retient, elle pourrait figurer dans la lettre de mission que le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, doit adresser au secteur afin d’encadrer la préparation du budget 2027 des soins de santé.
Honoraires et frais professionnels confondus
La difficulté réside dans la transposition aux indépendants d’un mécanisme conçu pour les salariés et les pensionnés. La piste évoquée consisterait à limiter l’indexation de l’ensemble du budget des honoraires.
Le GBO rappelle toutefois que les honoraires médicaux ne correspondent pas uniquement au revenu des praticiens. Ils financent également les frais de personnel, les locaux, le matériel, l’informatique et les autres coûts liés au fonctionnement des cabinets. Une réduction linéaire affecterait donc simultanément la rémunération des médecins et les moyens consacrés aux soins.
Le syndicat s’interroge également sur l’affectation des économies. Celles-ci pourraient servir à revaloriser certaines prestations insuffisamment financées ou être reversées au budget général de l’État. Selon le GBO, Vooruit et Les Engagés défendraient la première option, tandis que la N-VA et le MR privilégieraient la seconde.
« Des économies intelligentes et ciblées »
Le GBO affirme ne pas contester le principe d’une participation des prestataires à l’effort budgétaire, mais demande que celle-ci soit « intelligente, ciblée et cohérente » avec les objectifs de santé publique. Il préconise de réduire les actes inutiles, de concentrer les moyens sur les soins apportant une réelle valeur aux patients et de renforcer la première ligne.
Le syndicat cite comme contre-exemple la suppression du remboursement des CT scans de la colonne vertébrale prescrits par les médecins généralistes. Selon lui, cette mesure, qu’il juge insuffisamment étayée scientifiquement, risque de renvoyer davantage de patients vers des spécialistes et, finalement, d’augmenter les dépenses.
L’accord médico-mutualiste pourrait être dénoncé
Le GBO souligne enfin que l’accord médico-mutualiste 2026-2027 permet aux organisations représentatives des médecins de le dénoncer si les honoraires ne sont pas intégralement indexés en 2027. Une limitation de l’indexation pourrait donc remettre en cause l’accord et fragiliser la concertation entre médecins, mutualités et pouvoirs publics.
Pour le GBO, les économies devraient prioritairement passer par le renforcement de la prévention, de la médecine de première ligne, de la pertinence des soins et de la coordination des parcours des patients. « La question n’est donc pas de savoir où couper, mais où investir intelligemment pour mieux soigner », conclut l’organisation.