Gynécologie
Vaginose bactérienne récidivante: faut-il traiter le partenaire ?
Le traitement systématique des partenaires sexuels en cas de vaginose bactérienne (VB) n’était jusqu’ici pas recommandé, en l’absence de preuves d’efficacité. Une étude randomisée publiée en 2025 dans le New England Journal of Medicine remet cette position en question, en montrant un bénéfice du traitement du partenaire chez les femmes présentant des formes récidivantes de VB.
La VB est une dysbiose du microbiote vaginal. Elle se manifeste par des leucorrhées blanchâtres ou grisâtres, souvent malodorantes. Très fréquente, elle touche environ 30% des femmes en âge de procréer, et se caractérise par un taux élevé de récidives, dépassant 50% dans les trois mois suivant un traitement correctement conduit.
Données cliniques issues d’un essai randomisé
Cette étude australienne, randomisée et contrôlée, a inclus 164 couples hétérosexuels monogames dont la femme présentait une VB symptomatique récidivante, confirmée par au moins trois critères d’Amsel et un score de Nugent ≥ 4. Les couples ont été répartis en deux groupes. Dans le groupe contrôle, les femmes recevaient un traitement de première ligne seul. Dans le groupe intervention, le même traitement était administré aux femmes, associé à un traitement concomitant du partenaire masculin.
Le critère de jugement principal était la récidive de VB dans les 12 semaines suivant le traitement, définie par la réapparition d’au moins trois critères d’Amsel associée à un score de Nugent ≥ 4. Le traitement du partenaire a été globalement bien toléré.
Une réduction significative du risque de récidive
L’étude a été interrompue de manière anticipée après l’analyse intermédiaire prévue au suivi de 150 couples, en raison de la supériorité du traitement combiné. À 12 semaines, une récidive de VB était observée chez 35% des femmes dont le partenaire avait été traité, contre 63% dans le groupe contrôle. Sur l’ensemble de la période de suivi, le traitement du partenaire était associé à une réduction de 63% du risque de récidive (hazard ratio 0,37 ; IC 95% : 0,22–0,61).
À ce jour, les recommandations belges n’ont pas été modifiées sur la base de ces résultats, et la VB n’est pas classée comme infection sexuellement transmissible. Toutefois, ces données renforcent l’hypothèse d’un rôle de la transmission sexuelle dans les formes récidivantes, élément susceptible d’être pris en considération lors de futures mises à jour des recommandations.
Remarque
Les femmes recevaient du métronidazole oral 400 mg deux fois par jour pendant 7 jours ou, en alternative, une clindamycine intravaginale à 2% pendant 7 jours ou un gel intravaginal de métronidazole à 0,75% pendant 5 jours. Le partenaire masculin recevait le même traitement oral associé à une clindamycine topique pénienne à 2%, appliquée sur le gland et la partie proximale de la verge deux fois par jour pendant sept jours. Ces schémas thérapeutiques, chez les femmes comme chez les partenaires masculins, ne correspondent ni aux formulations disponibles ni aux recommandations actuellement en vigueur en Belgique.
Référence
Vodstrcil LA, Plummer EL, Fairley CK, Hocking JS, Law MG, Petoumenos K, et al.; StepUp Team. Male-partner treatment to prevent recurrence of bacterial vaginosis. N Engl J Med. 2025;392(10):947–957. doi:10.1056/NEJMoa2405404.

