Minoxidil oral : quelle place face au traitement topique ?
L’alopécie androgénétique masculine (AAG) est la principale cause de perte de cheveux chez l’homme et sa prévalence augmente avec l’âge. Alors que le minoxidil topique reste un traitement de référence, l’intérêt pour le minoxidil oral à faible dose augmente. Une étude randomisée publiée dans JAMA Dermatology compare directement les formes orale et topique chez l’homme.
Le minoxidil topique et le finastéride oral restent les principaux traitements médicamenteux de l’AAG. Toutefois, les contraintes d’application quotidienne et les effets locaux du minoxidil topique peuvent limiter l’adhésion au traitement.
Cette étude brésilienne randomisée en double aveugle a inclus 90 hommes présentant une AAG de stade 3V à 5V selon la classification de Norwood-Hamilton. Les participants recevaient soit du minoxidil oral 5 mg/j associé à un placebo topique, soit du minoxidil topique 5 % deux fois par jour associé à un placebo oral pendant 24 semaines.
Des résultats globalement comparables
Le critère principal reposait sur l’évolution de la densité capillaire au niveau frontal et du vertex après 24 semaines. Sur ce critère principal, aucune différence significative n’était observée entre le minoxidil oral et le minoxidil topique.
En revanche, certains critères secondaires étaient en faveur du traitement oral. L’augmentation relative des cheveux terminaux au niveau du vertex était supérieure sous minoxidil oral (+27,1 % ; p = 0,005). L’évaluation photographique en aveugle par trois dermatologues retrouvait également une amélioration plus marquée du vertex dans le groupe oral (70 % versus 46 % ; p = 0,04).
Les auteurs rappellent toutefois que l’étude n’a pas démontré de supériorité globale du minoxidil oral et que les résultats doivent être interprétés avec prudence compte tenu d’un effectif limité et d’importantes pertes de suivi pendant la pandémie de covid-19.
Une tolérance favorable
Aucune différence significative de pression artérielle ou de fréquence cardiaque n’a été observée après 24 semaines. L’hypertrichose constituait l’effet indésirable principal du minoxidil oral, avec également davantage de céphalées, tandis que la formulation topique entraînait surtout des effets locaux comme un prurit ou un eczéma du cuir chevelu. Une chute capillaire transitoire pouvait également survenir en début de traitement, particulièrement avec la formulation topique, soulignant l’importance d’une information préalable des patients afin d’éviter un arrêt prématuré du traitement.
Ces données suggèrent que le minoxidil oral à faible dose pourrait représenter une alternative chez certains patients sélectionnés, notamment en cas d’intolérance au traitement topique ou de préférence pour une administration orale. Des études de plus grande ampleur restent toutefois nécessaires pour préciser sa place dans la stratégie thérapeutique.
Référence
Penha MA, Miot HA, Kasprzak M, Müller Ramos P. Oral Minoxidil vs Topical Minoxidil for Male Androgenetic Alopecia: A Randomized Clinical Trial. JAMA Dermatol. 2024;160(6):600-605. doi:10.1001/jamadermatol.2024.0284.