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Fact-checking

L’anxiété et la dépression augmentent-elles le risque de mortalité par cancer ?

Adopter une attitude positive face à la vie est peut-être la meilleure façon de lutter contre le cancer. Gezondheid en Wetenschap a réalisé un fact-checking à propos de cette affirmation. Être fortement accablé par le stress et la dépression s’accompagne d’un risque accru de 32 % de mortalité liée au cancer, constatent des chercheurs britanniques [1].

Gezondheid en Wetenschap - 28 avril 2026

D’où provient cette information ?

depressieDes chercheurs de l’Université de Londres ont regroupé 16 études, menées entre 1994 et 2008, dans lesquelles des adultes ont été interrogés sur l’anxiété et les sentiments dépressifs à l’aide d’un questionnaire en 12 questions. En fonction de leurs réponses, les participants ont été répartis en quatre groupes : allant de l’absence totale d’anxiété et de dépression à des états fréquents d’anxiété et de dépression.

Ensuite, on a examiné combien de personnes étaient décédées d’un cancer après dix ans, et plus précisément de quel type de cancer. On a tenu compte autant que possible de l’âge, du sexe, du poids corporel, du niveau d’instruction, du tabagisme et de la consommation d’alcool. Les personnes décédées d’un cancer au cours des cinq premières années de suivi ont été exclues, car, dans leur cas, l’anxiété et la dépression auraient pu être une conséquence d’un cancer déjà présent.

Les chercheurs sont arrivés aux constats suivants. Par rapport aux personnes présentant très peu d’anxiété et de symptômes dépressifs, celles ayant les scores les plus élevés avaient un risque accru de 32 % de décéder d’un cancer après dix ans de suivi. Ce risque était particulièrement marqué pour le cancer colorectal (risque multiplié par 1,84), le cancer de la prostate (2,42), le cancer du pancréas (2,76), le cancer de l’œsophage (2,59) et la leucémie (3,86). Aucun lien n’a été trouvé avec les cancers liés au tabac, notamment le cancer du poumon, car le facteur du tabagisme y joue un rôle beaucoup plus déterminant.

Les chercheurs concluent que le rôle de l’anxiété et de la dépression dans l’apparition du cancer doit être étudié plus en profondeur, car le stress mental pourrait augmenter le risque de cancer.

Comment faut-il interpréter cette information ?

La nature de cette étude ne permet pas de conclure que l’anxiété et la dépression peuvent provoquer le cancer. De plus, chez les personnes incluses dans cette étude, aucun diagnostic formel (de dépression, par exemple) n’a été posé : les résultats reposent sur des questionnaires, qui restent toujours subjectifs. Il est très difficile d’isoler l’anxiété et les sentiments dépressifs des autres facteurs de risque.

On a par exemple montré que les personnes dépressives ont tendance à adopter une alimentation moins saine, à consommer davantage d’alcool, à fumer plus et à être moins actives physiquement : autant de facteurs de risque du cancer. On peut également imaginer que les personnes anxieuses participent moins aux programmes de dépistage du cancer, comme pour le cancer colorectal. En revanche, on sait que le stress chronique lié à des troubles mentaux sévères peut modifier les concentrations de certaines hormones et de substances inflammatoires dans l’organisme, ce qui pourrait jouer un rôle dans l’apparition du cancer.

Conclusion

Cette étude met en évidence un lien entre un stress mental important dû à l’anxiété et à la dépression, et la mortalité par cancer. Déterminer si la seconde découle directement du premier est, à l’heure actuelle, très difficile.

Référence 
1. Batty GD, Russ TC, MacBeath M, et al. Psychological distress in relation to site specific cancer mortality: pooling of unpublished data from 16 prospective cohort studies. BMJ. Published online January 25 2017.

gezondheid en wetenschapÀ la demande de la Communauté flamande, le Centre pour l’Evidence-Based Medicine (Cebam) a développé le site indépendant Gezondheid en Wetenschap. Ses initiateurs estiment qu’il existe un besoin d’une source d’information impartiale, fiable et accessible sur la santé, fondée sur des recherches scientifiques solides ou sur l’Evidence-Based Medicine (EBM). Un fact-checking sera publié chaque mois dans Le journal du Médecin. Si vous avez une question que vous souhaitez nous soumettre pour vérification, vous pouvez l’envoyer à fha@pmg.be. Nous transmettrons la question à Gezondheid en Wetenschap. Vous pourrez lire le résultat du fact-check ultérieurement dans Le journal du Médecin.

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