Des chercheurs expliquent comment une modification génétique perturbe la croissance du cerveau humain
Des chercheurs de VIB et de la KU Leuven ont découvert comment des modifications du gène ASPM perturbent le développement du cerveau humain. Leur étude explique l’apparition d’une forme génétique de microcéphalie, caractérisée par un cerveau et une tête plus petits que prévu. Les résultats ont été publiés dans la revue scientifique Developmental Cell.
Les recherches menées notamment par le professeur Pierre Vanderhaeghen et le Dr Ridha Limame montrent que ce gène joue un rôle dans la division des cellules souches cérébrales immatures. Lorsque le gène ASPM est modifié, cette division se déroule différemment. Les cellules essentielles à la croissance du cerveau humain atteignent alors trop tôt leur stade final et ne poursuivent pas leur développement comme elles le devraient. Le cerveau peut donc moins bien se développer.
Les scientifiques ont étudié ce processus à l’aide d’organoïdes cérébraux. Il s’agit de petits modèles tridimensionnels qui reproduisent certains aspects du développement du cerveau humain. Ils ont comparé les cellules de patients à des cellules témoins ne présentant pas la modification génétique.
Chez les souris, la même modification entraîne une réduction moins importante de la taille du cerveau. Selon les chercheurs, le processus de développement concerné est devenu plus important pour la croissance du cerveau humain au cours de l’évolution. Les perturbations ont donc des conséquences plus importantes.
La microcéphalie peut s’accompagner d’une déficience intellectuelle et de troubles du développement moteur ou du langage. Les chercheurs souhaitent déterminer plus précisément quelles cellules cérébrales sont les plus touchées et comment les connexions entre ces cellules évoluent.