Les 'red flags' de la constipation en contexte oncologique
La constipation dans un contexte oncologique peut parfois être le signe d’une urgence médicale absolue, notamment l’obstruction intestinale, la compression médullaire et l’hypercalcémie. Quels signes doivent alerter ? Comment réagir ?
La constipation dans un contexte oncologique est souvent secondaire et multifactorielle. Ses causes peuvent être médicamenteuses (notamment à cause des opioïdes), métaboliques ou liées à la pathologie cancéreuse. Mais la constipation chez la patientèle oncologique peut aussi être le signe de complications organiques sévères, à l’issue potentiellement fatale. Ces urgences doivent être rapidement détectées et prises en charge sans délai.
Évaluation de base
Pour distinguer une constipation fonctionnelle d’une complication organique sévère, l’évaluation initiale doit systématiquement inclure:
- Une anamnèse de la constipation et des symptômes associés : nausées, vomissements, douleurs, etc. ;
- Une revue de la médication ;
- Un examen physique complet, incluant une palpation de l’abdomen, un toucher rectal et la recherche d’éventuels signes neurologiques.
Les tests biologiques de première intention incluent le dosage du calcium, de la TSH, du glucose et du cortisol. Quand des red flags sont présents (lire ci-dessous), une imagerie doit être demandée en urgence.
L’obstruction intestinale maligne
L’obstruction intestinale maligne se caractérise par une constipation rapidement progressive, associée à :
- Des hoquets,
- Des nausées et vomissements,
- Un abdomen distendu,
- Une douleur diffuse.
Un CT scan doit être vite réalisé, particulièrement en cas de métastases péritonéales.
Traitements : décompression par sonde nasogastrique à large calibre, analogues de la somatostatine, corticostéroïdes et avis chirurgical en urgence.
La compression de la moelle épinière
Une constipation rapidement progressive peut être le signe d’une compression médullaire. Elle s’accompagne de:
- Rétention urinaire,
- Douleurs lombaires d’apparition récente,
- Faiblesse des membres inférieurs,
- Troubles sensoriels.
Une IRM rachidienne doit être rapidement réalisée pour rechercher l’une ou l’autre métastase spinale.
Traitements : corticostéroïdes à haute dose immédiats, chirurgie ou radiothérapie d’urgence.
L’hypercalcémie
Fréquente en cas de métastases osseuses, l’hypercalcémie paralyse le transit via une contraction pathologique des muscles lisses, couplée à une réduction de la teneur en eau des selles. La constipation induite par hypercalcémie s’accompagne souvent de :
- Perte d’appétit,
- Léthargie,
- Confusion,
- Céphalées.
Un dosage sérique doit être immédiatement réalisé.
Traitements : hydratation massive en intraveineuse, bisphosphonates et dialyse dans les cas réfractaires.
Référence
Timon Vandamme, Constipation in oncologic patients, présenté au meeting annuel de la BSMO (Belgian Society of Medical Oncology), le 6 février 2026.