Contraception d’urgence : où en sommes-nous en 2026?
Si le DIU au cuivre reste la méthode de référence en contraception d’urgence, plusieurs options et stratégies méritent d’être considérées en pratique, notamment le SIU au lévonorgestrel 52 mg. La prise de position de la FIGO publiée en 2026 offre l’occasion de faire le point sur les données disponibles et leur traduction en pratique clinique.
Le choix de la contraception d’urgence repose notamment sur le délai depuis le rapport et la possibilité d’une ovulation déjà survenue. Le DIU au cuivre demeure la méthode la plus efficace (> 99%). Parmi les options orales, l’acétate d’ulipristal (UPA) peut être plus efficace que le lévonorgestrel (LNG) entre 72 et 120 heures après le rapport et pourrait également l’être en cas d’IMC élevé.
Autre point pratique : les pilules de contraception d’urgence peuvent être utilisées à plusieurs reprises au cours d’un même cycle si nécessaire. L’OMS ne retient pas de restriction d’éligibilité médicale à cette utilisation répétée, même si les données disponibles restent limitées.
SIU-LNG 52 mg : que montrent les données ?
Un essai randomisé de non-infériorité publié dans le New England Journal of Medicine a comparé un SIU-LNG 52 mg au DIU cuivre T380A chez des femmes consultant dans les cinq jours suivant un rapport non protégé. À un mois, une grossesse est survenue chez 1/317 femmes (0,3 %) avec le SIU-LNG, contre 0/321 avec le cuivre. La différence absolue de 0,3 point (IC95 % : −0,9 à 1,8) était compatible avec le critère prédéfini de non-infériorité.
Cette étude ne concernait qu’un SIU dosé à 52 mg de LNG : ses résultats ne peuvent donc être extrapolés aux dispositifs moins dosés. Le recul d’utilisation reste toutefois plus important pour le DIU au cuivre. En Belgique, le CBIP indique néanmoins que le SIU au lévonorgestrel peut être utilisé hors AMM en contraception d’urgence, en précisant que l’expérience d’utilisation est plus limitée qu’avec le cuivre. Les recommandations belges avaient déjà intégré cette possibilité en 2021.
Prescription anticipée
La mise à disposition à l’avance d’une contraception d’urgence est encouragée, notamment chez les adolescentes. Elle est associée à une utilisation deux à sept fois plus fréquente de la contraception d’urgence, et permet une prise plus précoce après un rapport non protégé, sans augmentation démontrée des comportements sexuels à risque ni diminution de l’utilisation d’une contraception régulière.
Enfin, l’après-contraception d’urgence doit être anticipé. Après LNG, une contraception hormonale peut être instaurée ou reprise immédiatement. Après UPA, le CBIP recommande d’attendre cinq jours avant d’instaurer une contraception hormonale chez une femme qui n’en utilisait pas, ainsi qu’avant de reprendre une contraception progestative. Un préservatif est recommandé jusqu’à la prise de sept pilules contraceptives consécutives.
Références
1. Koch M, Kasliwal A, Kiarie J, Elkholy N, Ahsan A, Sridhar A. FIGO statement on emergency contraception. Int J Gynaecol Obstet. 2026 Sep 7. doi:10.1002/ijgo.71357.
2. Turok DK, Gero A, Simmons RG, Kaiser JE, Stoddard GJ, Sexsmith CD, et al. Levonorgestrel vs copper intrauterine devices for emergency contraception. N Engl J Med. 2021;384(4):335-344. doi:10.1056/NEJMoa2022141.
3. Centre Belge d’Information Pharmacothérapeutique. Contraception d’urgence. In: Répertoire commenté des médicaments [Internet]. Bruxelles: CBIP; 2026 [consulté le 14 sept 2026].
4. Centre Belge d’Information Pharmacothérapeutique, Domus Medica, Association Pharmaceutique Belge, KU Leuven. Mise à jour des recommandations concernant l’utilisation de la contraception (hormonale) d’urgence. Bruxelles; 2021.