Prix du Généraliste 2026
La prise en charge du diabète de type 2 doit-elle être adaptée en présence d’une HbA1C non fiable ?
Le diabète de type 2 (DT2) est une maladie fréquente et sa prévalence a tendance à augmenter en Belgique en raison du vieillissement de la population. Le médecin généraliste (MG), qui se trouve dans la première ligne de soins, joue un rôle important dans le dépistage de cette pathologie, mais également dans son suivi.
Le dosage de l’HbA1C est considéré comme le gold standard dans le suivi glycémique des patients diabétiques puisqu’il donne une information sur la moyenne glycémique à moyen terme. Une hémolyse ou une hémoglobinopathie peut résulter en une sous-estimation du dosage à cause d’un turnover accru des érythrocytes, tandis qu’une insuffisance rénale chronique (IRC) ou une situation de carence peuvent provoquer une surestimation.
Une dissociation entre la glycémie veineuse et la mesure de l’HbA1C peut alors survenir et faussement renseigner le praticien sur l’équilibre glycémique du patient. Une telle situation serait dangereuse pour le patient chez qui l’hyperglycémie, passant inaperçue, laisse une porte grande ouverte aux potentielles complications du diabète.
Les alternatives à l’HbA1C
L’albumine glyquée (AG), la fructosamine (FA) et les appareils de mesure continue de glycémie (CGM) sont présentés comme des alternatives à l’HbA1C dans la littérature. Une revue narrative, avec une méthodologie empruntée à la scoping review, a été réalisée. Des équations de recherche sur les bases de données PubMed et Cochrane Library ont été utilisées. La sélection des articles a été effectuée en suivant les recommandations PRISMA. Des critères d’éligibilité ont permis la sélection d’études par le seul auteur afin de ne retenir que les revues systématiques et narratives, ainsi que les méta-analyses concernant les trois alternatives choisies et publiées dans les dix dernières années.
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La discussion s’est construite comme une analyse critique des résultats obtenus par une recherche de la littérature, suivie d’une comparaison aux dernières recommandations disponibles de trois organismes professionnels, à savoir l’American Diabetes Association (ADA, 2025), le National Institute for Health and Care Excellence (NICE, 2022) et l’European Association for the Study of Diabetes (EASD, 2021). Cette démarche a permis de répondre à la problématique de ce travail, qui est de savoir si des marqueurs alternatifs à l’HbA1C ont montré ou non une utilité clinique par rapport à l’HbA1C, dans les situations où cette dernière se montre peu fiable.
L’AG, de par sa capacité à refléter la moyenne glycémique sur une durée plus courte que l’HbA1C et une meilleure standardisation de sa technique de mesure (par rapport à la FA), est ressortie comme le biomarqueur le plus prometteur, en particulier chez les patients présentant une IRC. Son utilisation actuelle est limitée en clinique en raison de son manque de disponibilité et de son non-remboursement.
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La FA, bien que recommandée par plusieurs guidelines en cas de non-fiabilité de l’HbA1C, est moins étudiée et semble moins spécifique à cause de nombreuses interférences avec les protéines plasmatiques. Les appareils CGM sont vus comme une révolution dans le suivi glycémique en temps réel et montrent un intérêt avéré chez les patients sous insulinothérapie et à risque d’hypoglycémie. Cependant, ils ne sont pas validés actuellement comme outil diagnostic et leur coût représente un frein.
« Le suivi diabétique ne peut se résumer à l’HbA1C dans certains cas et nécessite parfois une approche plus nuancée. »
Rôle du MG
Le suivi diabétique ne peut se résumer à l’HbA1C dans certains cas et nécessite parfois une approche plus nuancée. Les alternatives peuvent offrir des solutions pertinentes, mais leur accessibilité reste limitée en pratique de première ligne. De plus, la complexité que peut montrer l’interprétation des résultats est un autre facteur limitant l’utilisation de ces alternatives. Cette réalité peut inciter le MG à identifier précocement les situations à risque où l’HbA1C pourrait manquer de fiabilité et à renforcer la collaboration avec les spécialistes dans ce contexte.
Conclusion
Bien que ces méthodes alternatives commencent à intégrer les guidelines, ce qui reflète la rapide évolution des connaissances, surtout ces dernières années, un manque d’harmonisation entre les différents organismes professionnels est d’actualité, et cela souligne le fait que des études supplémentaires sont nécessaires afin de valider l’utilité clinique de ces facteurs.
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