
Après l’annonce de la baisse drastique du budget flamand alloué à Impulseo, l’avenir du dispositif en Wallonie et à Bruxelles en question
Début octobre, la ministre Caroline Gennez (Vooruit) avait annoncé une réduction du budget d’Impulseo en Flandre. Une annonce qui avait provoqué une vague de contestation chez les syndicats de médecins généralistes flamands. Dans le contexte des nouvelles orientations budgétaires en Wallonie et à Bruxelles, la question du financement du dispositif dans ces deux Régions se pose également.
25,3 millions d’euros. Il s’agit du montant de la réduction du budget consacré au dispositif Impulseo, qui vise à soutenir le démarrage et le développement des cabinets de médecine générale, en Flandre. Une décision annoncée par la ministre Caroline Gennez (Vooruit), qui fait planer la menace d’une suppression progressive du dispositif dans la Région. Cette annonce avait suscité une levée de boucliers parmi les organisations de médecins généralistes flamandes, mais aussi francophones. “Cela va complètement à l’encontre d’une politique raisonnée et intelligente visant à renforcer la première ligne de soins. (...) Je soutiens à 100 % le mouvement flamand de médecine générale vis-à-vis de la suppression budgétaire d’Impulseo”, commente Paul de Munck, président honoraire du GBO.
“C’est ahurissant. Nous ne sommes pas du tout d’accord avec cela."
Pour Luc Herry, président de l’ABSyM, “c’est ahurissant. Nous ne sommes pas du tout d’accord avec cela. En conséquence, des licenciements seront certainement à prévoir, et l’accessibilité des soins sera également perturbée. Les médecins ne vont pas s’en sortir, prévoit-il. On est en train d’étrangler la première ligne [des soins], alors qu’en même temps, les politiques disent qu’il faut élargir son activité. Il y a donc un langage politique qui va dans deux sens contraires. Cela devient insupportable”.
A Bruxelles, “sous réserve des arbitrages définitifs, le budget 2027 devrait être similaire [au budget 2026]” pour Impulseo
La réduction budgétaire d’Impulseo en Flandre pourrait-elle également concerner les dispositifs wallon et bruxellois ? À la lumière des nouvelles feuilles de route budgétaires publiées ces derniers jours dans les deux Régions, la question du financement d’Impulseo reste ouverte “Alors que la Flandre a fait le choix de supprimer certaines aides à l’installation, la Région bruxelloise entend poursuivre une autre approche : renforcer l’attractivité de son territoire pour les médecins généralistes”, indique Selin Salün, porte-parole du ministre bruxellois Ahmed Laaouej.
Une priorité pour Bruxelles
“La médecine générale demeure une priorité pour le ministre Ahmed Laaouej. Notre volonté est de préserver les dispositifs essentiels aux professionnels, tout en améliorant leur efficacité et leur accessibilité, dans un contexte budgétaire contraint.”.
Il faudra toutefois attendre pour obtenir davantage de précisions sur le budget prévu pour la période 2027-2029. La porte-parole indique néanmoins que, “sous réserve des arbitrages définitifs, le budget 2027 devrait être similaire [au budget 2026], qui représente un montant de 3.67 millions d’euros (2.995.000 euros pour Impulseo II et III et 675.000 euros pour le dispositif SMD, qui a remplacé Impulseo I).” De son côté, Vivalis indique ne disposer “d’aucune information relative à un éventuel changement du budget alloué au dispositif Impulseo”.
Wallonie : vers une évolution d’Impulseo
Du côté wallon, “baisser le budget des aides Impulseo serait encore plus catastrophique qu’en Flandre, puisqu’il existe une pénurie importante de médecins dans cette Région”, met en garde Luc Herry. Pour l’instant, cependant, rien de concret n’a été annoncé concernant le budget structurel du futur arrêté du Gouvernement wallon, selon Lara Kotlar, porte-parole de l’AVIQ. La porte-parole évoque par ailleurs la volonté de rendre le dispositif “plus dynamique dans son opérationnalisation”.
Une orientation qui pourrait ainsi se traduire par des modifications d’Impulseo en Wallonie. “Les discussions actuelles visent à penser l’évolution du dispositif, dans la trajectoire à moyen terme, à budget constant et en tenant compte des moyens mis en place par d’autres niveaux de pouvoir, notamment fédéral, et par les communes”, conclut Lara Kotlar.
Plusieurs syndicats de médecins généralistes participent actuellement aux groupes de travail du cabinet du ministre Yves Coppieters afin de discuter de l’évolution d’Impulseo en Wallonie. Une concertation appréciée par Paul de Munck : “Les concertations se passent bien et vont dans le bon sens. Ils n’ont rien décidé sans que l’on ait pu donner notre avis.”
Le président honoraire du GBO a notamment indiqué réfléchir à l’idée d’un Impulseo combiné médecin généraliste-infirmier, “car cela pose problème d’attirer un médecin dans les zones où il n’y a pas d’infirmier. La volonté du cabinet wallon est justement de voir dans quelle mesure nous pouvons faire une proposition en ce sens”.
Nouvelles feuilles de route
La Wallonie et Bruxelles ont récemment présenté leurs nouvelles feuilles de route budgétaires pour les prochaines années, prévoyant d’importantes économies dès 2027. Il faudra toutefois attendre pour connaître les mesures concrètes susceptibles d’affecter le dispositif Impulseo. ”Dans ce contexte de baisse des budgets dans tous les secteurs en Wallonie, nous sommes prêts à faire des efforts, à réorienter Impulseo, mais pas à supprimer le dispositif”, souligne Paul de Munck.
Le GBO et l’ABSyM mettent tous deux en garde contre une éventuelle réduction du budget alloué au dispositif. “Ces économies seraient beaucoup plus coûteuses que leurs bénéfices”, avance Luc Herry. “Lorsque l’on cherche à réaliser des économies dans l’organisation de ses services de soins, il faut investir davantage dans la première ligne. Nous savons en effet que c’est ce qui permet de réduire les dépenses globales du système de santé”, souligne Paul de Munck.
L’évolution du dispositif Impulseo en Wallonie et à Bruxelles reste donc à suivre