OpinieHuisartsenpraktijk

Statut BIM

Des réformes irresponsables qui mettent en danger la santé de tous

Face aux nouvelles offensives politiques contre le statut BIM, Solidaris alerte : derrière les discours sur les “abus” et le “mauvais ciblage”, c’est un projet de société qui avance. Celui d’une protection sociale plus étroite, plus contrôlée, plus bureaucratique. Au bout du compte, ce sont près de deux millions de personnes qui risquent de voir leur accès aux soins se compliquer, au prix d’un danger sanitaire pour toute la société.

Solidaris - 2 april 2026

Le statut BIM est un outil essentiel de notre assurance maladie pour permettre à des personnes et à des familles aux revenus modestes de se soigner à temps, sans devoir choisir entre une consultation, des médicaments, payer son loyer, se chauffer, avoir des loisirs ...

Plus de contrôles 

Le BIM concerne en fait tout le monde. Il remplit une fonction sanitaire et de santé publique. Quand une personne renonce à consulter parce qu’elle n’a pas les moyens, ce n’est jamais un problème purement individuel. C’est une maladie qui s’aggrave, parfois se transmet, un diagnostic posé trop tard, et, au bout du compte, une hospitalisation plus lourde et plus coûteuse pour l’ensemble de la collectivité. Dans une société solidaire, on protège les plus faibles pour protéger tout le monde.

Les propositions portées ces derniers mois vont toutes dans le même sens : durcir les conditions, multiplier les contrôles, transférer l’évaluation vers des enquêtes sociales plus intrusives, voire supprimer des mécanismes d’octroi automatique. Le résultat serait simple : moins de bénéficiaires, plus de démarches, plus de contrôles, et davantage de personnes qui renoncent à leurs droits.

Un problème de non-recours 

Or, à ce jour, il n’existe pas de données objectives démontrant un sur-octroi massif du BIM à des publics aisés. Les données officielles disponibles montrent au contraire que l’ampleur du dispositif est cohérente avec l’ampleur des vulnérabilités sociales dans le pays. En Belgique, près de 2,4 millions de personnes bénéficient aujourd’hui de l’intervention majorée, tandis qu’environ 2,1 millions de personnes sont exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale.

“Le BIM est une protection. Et protéger l’accès aux soins des plus fragiles, c’est protéger la société tout entière.” - Jean-Pascal Labille 

À l’inverse, ce que documentent plusieurs travaux, c’est le non-recours. Autrement dit : des personnes qui remplissent les conditions mais n’ouvrent pas leurs droits. Une étude de l’Université d’Anvers montre que près de la moitié des actifs précaires de 18 à 65 ans n’auraient pas ouvert le droit alors qu’ils se situent dans les conditions.

“La principale faille du système c’est qu’il ne protège pas encore assez automatiquement celles et ceux qui en ont besoin. La vraie priorité doit être de limiter le non-recours”, complète Jean-Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris. 

Un gradient social 

BIM statut santé pauvretéUne étude de l’IMA de 2018, rappelle une autre réalité : plus le revenu diminue, plus l’état de santé se dégrade. Et cette dégradation n’est pas brutale entre “pauvres” et “non-pauvres” : elle suit un gradient social.

Plusieurs indicateurs de santé se détériorent de manière linéaire entre les revenus les plus élevés et les revenus les plus faibles. Cela signifie qu’il ne suffit pas de protéger un noyau très restreint de personnes en situation d’extrême précarité. Il faut aussi éviter le report de soins pour une partie plus large de la population, parce que c’est précisément là que se fabriquent les complications de demain.

En d’autres termes : entre la grande pauvreté et l’aisance, il y a une large partie de la population pour qui une consultation trop chère, un médicament à avancer, un supplément imprévu ou une hospitalisation partiellement à charge peuvent déjà faire basculer l’accès aux soins. C’est pour cela que le BIM doit être compris comme un outil de prévention. Il protège avant l’aggravation, avant l’endettement, avant la rupture de suivi, avant l’hospitalisation évitable.

Si le BIM est attaqué, c’est parce qu’il incarne tout ce que la logique austéritaire combat : un droit automatique, collectif, préventif, qui protège avant la chute. L’austérité ne consiste pas seulement à couper dans les budgets ; elle consiste à transformer les droits en exceptions, à individualiser les risques, à mettre les classes populaires sous contrôle et à transférer progressivement vers le privé ce qui était auparavant pris en charge par la solidarité. Cette logique austéritaire est nuisible pour toute la société.

Wat heb je nodig

Krijg GRATIS toegang tot het artikel
of
Proef ons gratis!Word één maand gratis premium lid en ontdek alle unieke voordelen die wij u te bieden hebben.
  • digitale toegang tot de gedrukte magazines
  • digitale toegang tot Artsenkrant, De Apotheker en AK Hospitals
  • gevarieerd nieuwsaanbod met actualiteit, opinie, analyse, medisch nieuws & praktijk
  • dagelijkse newsletter met nieuws uit de medische sector
Heeft u al een abonnement? 
Print Magazine

Recente Editie
31 maart 2026

Nu lezen

Ontdek de nieuwste editie van ons magazine, boordevol inspirerende artikelen, diepgaande inzichten en prachtige visuals. Laat je meenemen op een reis door de meest actuele onderwerpen en verhalen die je niet wilt missen.

In dit magazine