Au procès de l’équipe soignante de Maradona, un médecin légiste décrit des signes d'"agonie"
Un médecin légiste a décrit mardi (heure locale) en Argentine, au procès de l'équipe soignante des dernières semaines de vie de Diego Maradona, des signes sur le cœur de la star du football argentin suggérant "une agonie prolongée" et des œdèmes présents "depuis pas mal de temps.

Lorsque le cœur a été analysé à l'autopsie, "il présentait des caillots entre les cavités (...). Ces caillots apparaissent lors de périodes d'agonie prolongées", a expliqué par visioconférence le Dr Federico Corasaniti, l'un des auteurs de l'autopsie.
L'agonie éventuelle de Maradona - de plusieurs heures selon l'accusation, qui cite des experts, mais contestée par la défense de certains accusés - est un élément-clef du procès, en ce qu'elle indiquerait une attention ou un suivi défaillant de l'ancien sportif alors hospitalisé à domicile.
Le Dr Corasaniti ne s'est toutefois pas prononcé mardi sur la durée d'une éventuelle agonie de la légende du football argentin.
En revanche, l'accumulation de liquide dans la cavité abdominale qui a gonflé jusqu'à déformer le ventre de Maradona, lorsqu'il fut découvert sur son lit de mort, "ne peut pas se produire de manière soudaine", a relevé le médecin. "C'est pratiquement impossible (...) Cela évoluait depuis pas mal de temps", a-t-il assuré, semblant suggérer un symptôme qui aurait été perceptible de l'extérieur.
Maradona, aux addictions passées connues à l'alcool, à la cocaïne notamment, présentait un foie "compatible avec une cirrhose", selon l'anatomopathologue Silvina de Piero, également entendu mardi. En revanche, le biochimiste qui réalisa les analyses toxicologiques a assuré qu'au moment de sa mort, il n'avait ni trace d'alcool ni de drogues dans l'organisme.
Ce témoignage corrobore la déposition jeudi dernier d'un des accusés, le psychologue Carlos Diaz. Celui-ci disait avoir accompagné avec succès Maradona, au dernier mois, jusqu'à une abstinence totale "de 23 jours".
Diego Maradona est mort à 60 ans, le 25 novembre 2020, d'une crise cardiorespiratoire couplée à un œdème pulmonaire, seul sur son lit d'une résidence louée pour une hospitalisation à domicile à Tigre (nord de Buenos Aires). Il était en convalescence après une neurochirurgie pour un hématome à la tête.
Sept professionnels de santé (médecin, psychiatre, psychologue, infirmiers) sont jugés depuis trois semaines à San Isidro pour de potentielles négligences ayant contribué au décès de l'icône argentine.
Morgane Berger