La fusion des hôpitaux publics bruxellois en bonne voie
Chargé par la Ville de Bruxelles de piloter une réforme sensible et politiquement transversale, Yannis-Léon Backhouche, médecin généraliste et expert en santé, détaille les enjeux, le calendrier et les lignes de fracture de la future fusion des hôpitaux publics bruxellois.
Alors qu’on attend depuis 600 jours un nouveau gouvernement en Région bruxelloise, derrière la coulisse, les affaires courants continuent. Bruxelles est un nœud important en santé, comme on le sait, et rayonne avec un nombre affolant d’hôpitaux, qui attirent des patients dans l’ensemble de son hinterland.
Les hôpitaux publics de la Ville de Bruxelles, dépendant tous du CPAS, en sont une composante incontournable. Or, comme tout ce qui touche à Bruxelles, ses hôpitaux sont en grande difficulté financière. C’est un peu fusionner ou périr. L’idée est donc de faire des « synergies », un mot à la mode pour mutualiser et rationaliser les coûts. Quatre pôles en particulier sont concernés : les achats, la logistique, l’infrastructure et l’informatique. Les directions hospitalières de l’HUDERF, de l’Institut Bordet, d’Iris-Sud, de Saint-Pierre et de Brugmann semblent adhérer. Mais la fusion ira pas à pas.
« L’entité juridique qui les regroupera garantit la présence du pouvoir institutionnel du CPAS tout en déléguant certaines tâches de gouvernance afin d’éviter que le CPAS n’intervienne trop directement dans la gestion quotidienne. Nous avons prolongé ce dispositif pour inciter les hôpitaux à fusionner, tout en conservant une certaine autonomie. »
Réaliste ? Le Dr Backhouche est optimiste quant à la possibilité d’y arriver. Sa mission a été reconduite d’un an jusqu’au début de l’année 2027. En phase avec le patron du CPAS de Bruxelles, David Weytsman (MR) et le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close, M. Backhouche estime que c’est tenable. L’avenir de l’offre hospitalière bruxelloise en dépend.
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